Des législatives anticipées
Ces élections législatives sont anticipées et se déroulent sept mois avant la date prévue. Le gouvernement de Mette Frederiksen sortant comprenait aussi les Modérés (M) ainsi que Venstre (V). Cette stratégie pour rester à la tête d’un gouvernement n’est pas sans risque au vu d’un résultat qui peut l’amener à réfléchir différemment pour constituer une coalition gouvernementale.

Mette Frederiksen © stm.dk
Cette décision pose aussi des questions pour le bloc de droite (bloc bleu) avec Troels Lund Poulsen. Ce dernier a l’ambition d’accéder au poste de Premier ministre, mais le résultat de ces élections peut changer la donne. De même, Venstre (V), dont est issu ce dernier, n’est pas favorable à une majorité de Social-démocratie (A), incluant les autres partis du bloc rouge.
Une victoire des sociaux-démocrates de Mette Frederiksen avec un recul
C’est une victoire pour les sociaux-démocrates de Mette Frederiksen avec 21,8 %. Mais cette victoire est à nuancer avec un recul de sièges (38 sièges au lieu des 51 de la précédente législature) et le pire score depuis 1903. Plusieurs raisons pourraient expliquer cet échec. La formation de cette coalition SVM, à l’issue des dernières législatives, avait surpris quand la leader des sociaux-démocrates évoquait la possibilité d’un gouvernement d’union nationale et pourrait être l’une de ces raisons évoquées par l’analyste électoral Sune Steffen Hansen (et ancien conseiller du parti). On observe aussi un déclin du parti dans toutes les circonscriptions du pays.
Le Bloc de gauche est en recul avec 86 sièges (une perte de quatre sièges) avec des résultats variables suivant les partis. Là où Social-démocratie (A) perd des sièges, les socialistes du Parti populaire socialiste (F) finissent deuxième avec une augmentation de voix (plus cinq pour un total de vingt sièges). C’est un succès pour la leader Pia Olsen Dyh qui voit son parti obtenir une deuxième place historique. Les augmentations sont aussi du côté des sociaux-libéraux de Radikale Venstre (B) ou de la gauche radicale de la Liste de l’unité (Ø). Ces derniers sont arrivés en tête dans le Grand Copenhague, avec un résultat historique (avec 16,6% des voix).

Carte électorale par circonscription régionale
Veinstre recule dans un bloc de droite qui se renforce
C’est un recul pour la formation de Troels Lund Poulsen même si Venstre reste le premier parti du bloc bleu. Avec 10,1 % et seulement dix-huit sièges, c’est le pire score de l’histoire du parti. Cette chute s’accentue d’autant plus depuis 2019. Plusieurs personnalités comme le Maire de Copenhague Jens-Kristian Lütken sont revenues sur cette contre-performance (aucun siège dans la capitale) sans remettre en cause le leader. Un petit succès a été l’élection de la vice-présidente, Stephanie Lose, avec son entrée au parlement. De même, Linea Søgaard-Lidell, qui a occupé le poste de porte-parole du Parti libéral (V), n’a pas été réélue dans la circonscription de Copenhague.

Troels Lund Poulsen est le leader de Venstre depuis le 18 novembre 2023.
Troels Lund Poulsen © ft.dk
Linea Søgaard-Lidell a été députée au Folketing du 1er novembre 2022 au 24 mars 2026.
Linea Søgaard-Lidell © ft.dk

L’Alliance libérale (I) (avec le meilleur résultat de son histoire) et le Parti populaire conservateur (C) se renforcent avec une augmentation de sièges. La droite populiste connaît un retour en force avec notamment le Parti populaire danois (O). En chute libre depuis plusieurs années (avec son pire score en 2022), après avoir été à son sommet en 2015 (une deuxième place historique), ces derniers finissent avec l’augmentation et le gain de siège le plus fort (onze sièges pour un total de 16) pour être au même niveau que I. Un nouveau parti populiste fait son entrée : Le Parti citoyen (H), là où les Démocrates danois (Æ) chutent. Ce n’est pas une bonne campagne pour ces derniers, notamment avec la perte du siège détenu par Charlotte Munch Pasler dans la circonscription de Copenhague.
C’est un parti populiste fondé en 2024 et situé à l’extrême droite de l’échiquier politique danois.
Logo du Parti citoyen (H).

Quelle suite donner pour ces élections ?
La formation d’un gouvernement pour la Première ministre sortante sera une tâche difficile, d’autant plus que celle-ci ne sort pas forcément en position de force à l’issue de ce scrutin. Ses partenaires de la coalition sont très critiques pour la suite, comme l’a montré le leader des centristes Lars Løkke Rasmussen. Ces derniers, qui enregistrent un léger recul, peuvent toujours être les faiseurs de roi. Néanmoins, il n’est pas certain que ce dernier devienne Premier ministre. Le leader de Venstre (V) refuse de rejoindre un gouvernement dirigé par cette dernière et privilégierait un gouvernement de centre-droit regroupant des partis du bloc bleu.

Lars Løkke Rasmussen est le leader des Modérés depuis le 5 juin 2022.
Lars Løkke Rasmussen © ft.dk
Les tractations ont commencé dès la sortie des résultats. Mette Frederiksen a présenté sa démission le lendemain de l’élection et a été désignée comme enquêtrice royale pour former un nouveau gouvernement. Une des critiques de la leader des sociaux-démocrates visait justement cette recherche de coalitions dans un contexte international particulier.
Mette Frederiksen reste Première ministre à la tête d’un gouvernement minoritaire comprenant aussi trois autres partis, avec une prise de fonction du gouvernement le 3 juin 2026. C’est les négociations les plus longues que le pays ait connues après deux échecs de formation de gouvernement.
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