Kaja Kallas, Première ministre d’Estonie depuis 2021
Kaja Kallas est la Première ministre de l’Estonie depuis le 26 janvier 2021. Celle-ci était à la tête d’une coalition gouvernementale pro-européenne menée par le Parti de la réforme (parti de tendance libérale situé au centre-droit) avec comme partenaire deux partis : Isamaa et le Parti social-démocrate. La majorité absolue était de mise au parlement estonien : le Riigikogu.

Kaja Kallas © riigikogu.ee (15/07/2022)
C’est la fille de Siim Kallas qui a été Premier ministre d’Estonie (le 14ème) du 22 janvier 2002 au 10 avril 2003. Son entrée au parlement estonien s’est faite lors des législatives de 2011. Avant de devenir la première femme à occuper le poste de Premier ministre en 2021, celle-ci a aussi été eurodéputée lors des élections européennes de 2014 avant de revenir dans la politique nationale en 2017 pour prendre la tête du Parti de la réforme. C’est d’ailleurs elle qui a mené le parti lors des législatives de 2019.
Quel enjeu pour cette élection ?
À l’image des présidentielles tchèques de janvier 2023, cette élection-là fait partie de ces élections européennes importantes de 2023. La question qui se posait à l’issue de ces législatives était de savoir si le pays allait continuer de suivre une voie pro-européenne et atlantiste avec un gouvernement en sa faveur.
Une élection largement remportée par les libéraux du Parti de la réforme
Favoris pour remporter les élections, les libéraux menés par Kaja Kallas en sont sortis vainqueurs avec un plus grand nombre de sièges qu’en 2019, en passant de 34 à 37 sièges. Même si la victoire était annoncée pour la formation libérale pro-européenne de centre-droit, on ne pensait pas qu’elle serait aussi importante. Pratiquement toutes les circonscriptions électorales, à l’exception de deux, ont été remportées par les libéraux.
L’autre formation libérale et pro-européenne Estonie 200 fait une entrée en force au parlement estonien après avoir échoué de peu en 2019. Avec le Parti de la réforme, ce sont les deux formations qui en sont finalement sorties gagnantes. Le vote électronique, plus important que le vote papier, a permis au Parti de la réforme de remporter en inversant la tendance qui voyait les nationalistes-conservateurs de EKRE l’emporter au niveau du vote papier.
La chute la plus importante va concerner le Parti du centre, de tendance social-libéral et situé sur un axe centre-gauche-centre, qui va perdre une dizaine de sièges. C’est un échec pour le leader Jüri Ratas.

Jüri Ratas © riigikogu.ee
Le pari perdu de EKRE
Le Parti populaire conservateur d’Estonie, situé à l’extrême-droite et arrivé en troisième position en 2019, avait l’intention de faire tomber le Parti de la réforme et ainsi occuper le poste de premier ministre. C’est un pari perdu avec un score moindre qu’en 2019, malgré une deuxième place. EKRE a fait son plus gros score dans le sud de l’Estonie. Mais le président du parti ainsi que le leader n’ont pas reconnu ses résultats et ont parlé d’élections volées lorsque les résultats des votes électroniques sont arrivés.

Martin Helme © riigikogu.ee
Pour un parti populiste, cette position n’est pas anodine et rappelle ce qui s’est passé aux États-Unis et au Brésil. De plus, les attaques contre les institutions et les forces de défense sont mal passées auprès de la population estonienne.
Quel gouvernement pour Kaja Kallas ?
La victoire pour le Parti de la réforme met Kaja Kallas en position de force pour le poste de Première ministre et ainsi conserver son poste. Néanmoins, il va falloir former un gouvernement de coalition. La question est de savoir si le gouvernement pro-européen mené par les libéraux restera le même, sachant que ses deux anciens partenaires de coalition en sortent affaiblis de ces élections. Au lendemain de ces législatives, les pourparlers ont commencé avec l’autre formation libérale d’Estonie 200 et les sociaux-démocrates. Kaja Kallas a été reconduite à son poste de Première ministre et le gouvernement Kaja Kallas III est entré en fonction depuis le 17 avril 2023.
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