
- Population : 83,28 millions d’habitants (2023)
- Capitale : Berlin
- Plus grande ville : Berlin
- Monnaie : Euro
- Langue officielle : Allemand

Carte politique de l’Allemagne
La réunification de l’Allemagne
La réunification allemande est le processus qui s’est étalé d’octobre 1989 à octobre 1990. Cela a commencé avec la chute du Mur de Berlin le 9 novembre 1989 et s’est terminé avec la réunification le 3 octobre 1990 et l’intégration de l’ex-RDA dans la République fédérale allemande.
L’Allemagne dans l’Union européenne
L’Allemagne est un membre fondateur de l’Union européenne, même si lors de la création l’Allemagne était divisée entre la RFA (République fédérale allemande, bloc de l’Ouest) et la RDA (république démocratique allemande, Bloc de l’Est). On parlait de la RFA, plus précisément. L’Allemagne est un acteur important dans la construction européenne en étant la première économie de l’Europe, tout en influençant les choix et les décisions stratégiques de l’Europe (par exemple concernant l’élargissement de l’Union européenne aux pays d’Europe centrale et orientale). Ce pays fait partie de la zone euro et l’abandon du Deutsche mark s’est fait au profit de la mise en place de conditions d’unifications monétaires très strictes. D’ailleurs, la BCE se trouve à Francfort-sur-le-Main.
Konrad Adenauer est un acteur important dans les étapes de la construction de la CECA (Communauté économique du charbon et de l’acier) en 1951 à la CEE (Communauté économique européenne) en 1957. Le couple Adenauer-De Gaulle fait partie de ces couples franco-allemands célèbres dans ce projet européen. D’ailleurs, celui-ci était très important pour le pays et s’inscrit dans une volonté de réconciliation avec les autres pays européens ainsi qu’une volonté de retrouver sa souveraineté et sa légitimité après la Seconde guerre mondiale, conflit qui a ravagé le continent.
L’Allemagne dans l’OTAN
L’Allemagne a intégré l’OTAN le 6 mai 1955 en devenant le quinzième membre. Cette adhésion s’est faite non sans difficultés après plusieurs délibérations entre les leaders occidentaux et ce qu’on appelait à l’époque la RFA. Il faut aussi dire que le potentiel de la RFA était redouté même en étant dans le bloc occidental, et ce après ce qu’il s’est passé lors de la Seconde guerre mondiale. La Bundeswehr, qui est l’armée allemande, est notamment critiquée pour être une armée mal structurée et mal équipée. Mais la donne devrait changer compte tenu de la guerre en Ukraine qui oblige le pays à se réarmer. C’est la volonté du chancelier actuel Olaf Schotz.
Système politique allemand
Le Bundestag est l’assemblée parlementaire qui régit la vie politique allemande. Ce parlement, composé de 736 députés, se trouve à Berlin. Ce dernier exerce le pouvoir législatif via le vote et l’adoption des lois fédérales, ainsi que le budget fédéral. Le contrôle de l’action du gouvernement fédéral ainsi que les révisions de la Loi fondamentale font aussi partie de ses prérogatives législatives. Les traités sont aussi ratifiés par cette chambre. Néanmoins, on pourrait supposer que le Bundestag constituerait la chambre basse, étant donné que le pouvoir législatif s’exerce en coopération avec le Bundesrat (représentation législative fédérale des seize Länder allemands).

Bâtiment du Reichstag © bundestag.de
Quel gouvernement pour l’Allemagne ?
Friedrich Merz est le chancelier fédéral depuis le 6 mai 2025 et a succédé à Olaf Scholz (Chancelier fédéral du 8 décembre 2021 au 6 mai 2025 et issu du SPD). Il est issu du CDU/CSU et à la tête d’une coalition gouvernementale regroupant la CDU/CSU et les sociaux-démocrates du SPD à la suite des dernières législatives.

Friedrich Merz© bundesregierung.de

Olaf Scholz © bundesregierung.de
Quels résultats pour les européennes de 2024 ?
Ces élections ont été une victoire pour la CDU/CSU qui arrive en tête. Cette victoire du centre-droit coïncide avec un recul pour la coalition gouvernementale qui essuie des pertes de sièges. Les sociaux-démocrates sont en recul (avec le pire score de leur histoire), mais la perte la plus sévère reste pour les verts. L’AfD finit deuxième et confirme la montée de l’extrême droite au niveau du pays depuis plusieurs années. Ces derniers sont finalement ceux qui connaissent la hausse la plus forte. Les populistes de gauche du BSW font leur entrée au Parlement européen en supplantant Die Linke.
La CDU/CSU conserve ses 29 sièges malgré une augmentation de voix, à contrario des sociaux-démocrates qui perdent deux sièges (sur les seize de la législature précédente). L’AfD augmente son nombre de sièges en passant de 11 à 15 sièges et confirme la montée de l’extrême droite au niveau européen. Les libéraux du Parti libéral-démocrate maintiennent leurs nombres de sièges. La chute la plus sévère concerne les verts de Grünen qui perdent pratiquement la moitié de leurs sièges (neuf sièges perdus sur les 21 de l’ancienne législature). La gauche radicale de Die Linke perd aussi des sièges (deux sur les cinq de l’ancienne législature) tandis que celle de BSW fait son entrée au parlement. Le reste des sièges sont répartis entre des partis mineures.
Quels résultats pour les législatives de 2025 ?
C’est une élection marquée par la chute des sociaux-démocrates du SPD et la victoire pour la CDU/CSU menée par Friedrich Merz. L’extrême-droite réalise quant à elle un score historique en se plaçant deuxième.
Les deux partis dominants de la vie politique allemande
SPD (Parti social-démocrate d’Allemagne)

- Fondation : 27 mai 1875
- Positionnement : Centre-gauche
- Idéologie : Social-démocratie, Social-libéralisme (factions)
- Groupe au parlement européen : S&D (L’Alliance progressiste des socialistes et démocrates au Parlement européen)
Logo du SPD
Fondation du Parti social-démocrate allemand
C’est le plus ancien parti politique allemand dans sa forme actuelle d’avant la Seconde Guerre mondiale dont la fondation s’est faite en 1875 (à la suite de la fusion de plusieurs partis socialistes, ADAV et le SDAP). Son renommage en SPD s’est fait en 1890 (anciennement Parti socialiste ouvrier d’Allemagne, SAP).
Quel est son poids au niveau national ?
Le Parti social-démocrate allemand est un parti allemand situé au centre-gauche et de tendance sociale-démocrate. On pourrait dire que le SPD est divisé en deux ailes : les sociaux-démocrates de tendance keynésienne (aile gauche et placée au centre-gauche) et les sociaux-démocrates de la troisième voie (aile droite et centriste dont est issu, par exemple, Gerhard Schröder. Ces derniers appartiennent au Seeheimer Kreis, groupement interne du SPD qui prône des politiques économiques libérales. D’ailleurs, L’Agenda 2010 a été très critiqué par cette aile gauche pour la réduction du rôle de l’État-providence.
Rétabli après la Seconde Guerre mondiale, c’est l’un des deux grands partis au côté de la CDU/CSU et ce même à l’époque de la RFA (République fédérale allemande). Le SPD a participé à de multiples gouvernements qu’il en soit à la tête (dont le gouvernement sortant) ou étant partenaire.
Des personnalités venant de ce parti
Comme Willy Brandt, Gerhard Fritz Kurt » Gerd » Schröder est une personnalité politique qui a marqué l’histoire allemande mais aussi la vie politique allemande. Partisan d’une troisième voie dans la même veine que Tony Blair, des politiques économiques libérales ont été adoptées durant deux mandats (1997-2002 et 2003-2005) dans le cadre de L’agenda 2010 (visant à réformer le système allemand de protection sociale et les relations de travail). En 2003, cela avait divisé le SPD. Mais cela reste controversé et la principale critique qui revient est le démantèlement de l’État-providence. C’est aussi sous sa gouvernance que la capitale a été déplacée de Bonn (qui était la capitale de la RFA) à Berlin.

Gerhard Fritz Kurt Schröder
CDU (Union démocrate-chrétienne d’Allemagne)

- Fondation : 26 juin 1945
- Positionnement : Centre-droit à droite
- Idéologie : Libéralisme-conservatisme, Démocratie-chrétienne
- Groupe au parlement européen : PPE (Parti populaire européen)
Logo de l’Union démocrate-chrétienne d’Allemagne © cdu.de
Fondation de l’Union démocrate-chrétienne d’Allemagne
Fondé rapidement après la Seconde Guerre mondiale, l’Union chrétienne-démocrate d’Allemagne comprend des anciens membres du Parti du centre (parti chrétien-démocrate toujours présent mais minoré par la CDU) ainsi que d’autres partis. D’ailleurs, Konrad Adenauer est un ancien membre du Parti du centre, dont la CDU reste le successeur. Lors de sa création, le parti avait pour ambition de représenter des éléments « chrétiens-sociaux, libéraux et conservateurs », ce qui explique la venue de politiques d’autres horizons que de la démocratie-chrétienne.
Quel est son poids au niveau national ?
L’Union démocrate-chrétienne d’Allemagne est un parti allemand situé au centre-droit et de tendance libéral-conservateur et démocrate-chrétien. Cette idéologie de la CDU s’articule autour du libéralisme économique et de la démocratie chrétienne. En ce qui concerne la politique étrangère, la CDU est pro-américaine mais aussi attachée » à l’Union européenne. Des personnalités politiques de la CDU ont été très importantes dans la construction européenne. Pendant des décennies, la vision conservatrice de la famille et de la société était présente au sein du parti. Néanmoins, cela a commencé à changer avec notamment l’élection d’Angela Merkel à la tête de la chancellerie allemande.
C’est l’un des deux grands partis avec le SPD, et ce même à l’époque de la RFA. Au niveau national, la CDU fait partie d’une alliance avec sa petite soeur de Bavière, la CSU, qui est plus à droite que la CDU. La CDU a participé à de multiples gouvernements en étant à la tête soit dans l’opposition.
Des personnalités venant de ce parti
Comme Konrad Adenauer, Angela Dorothea Merkel est une personnalité politique qui a marqué l’histoire de la CDU mais aussi de la vie politique allemande. la tête de la chancellerie allemande pendant 16 ans (2005-2021) et première femme à occuper ce poste jusqu’à présent, celle-ci était très présente concernant la coopération internationale via les organisations telles que l’UE ou l’OTAN. De même, les relations entre les États-Unis et l’Allemagne ont été renforcées notamment sous la présidence George W.Bush et Barack Obama. Son rôle a été important dans la gestion de la crise financière mondiale de 2007-2008 ou de la dette de la crise européenne, notamment vis-à-vis de la Grèce, où celle-ci s’est montrée inflexible. Sur le plan intérieur, les mesures comme la fin de la circonscription (service militaire obligatoire), l’adoption d’une loi sur le mariage homosexuel, l’accueil d’un million de réfugiés ont été des mesures qui lui ont valu des critiques d’une partie de la CDU qui ont déploré un virage à gauche. On peut dire que le parti, sous sa présidence, pourrait se placer sous un axe centriste avec des mesures qui relèvent du libéralisme, tant sur le plan économique que sur le plan sociétal, ce qui dénote avec ses prédécesseurs.

Angela Merkel, figure emblématique de la CDU et de la vie politique allemande.
Les autres partis
FDP (Parti libéral-démocrate)

- Fondation : 11 décembre 1948
- Positionnement : Centre-droit
- Idéologie : Centre à centre-droit (Historiquement le parti était classé à l’extrême-droite sur l’échiquier politique à ses débuts).
- Groupe au parlement européen : Renew Europe
Logo du Parti libéral-démocrate
Fondation du Parti libéral-démocrate
La fondation a eu lieu en 1948 par d’anciens membres qui venaient de deux anciens partis libéraux existants avant la Seconde Guerre mondiale : Le parti démocrate allemand (DDP) et le Parti populaire allemand (DVP).
Quel est son poids au niveau national ?
Le Parti libéral-démocrate est un parti allemand situé au centre et de tendance libérale. Le positionnement tel que l’on connaît aujourd’hui ne l’était pas forcément au début. Actuellement, le FDP est situé au centre voire centre-droit et promeut le libéralisme économique et les libertés civiles depuis les années 80. Néanmoins, il faut rappeler que des factions étaient de la droite nationaliste au niveau régional et que le parti a voté contre le processus de dénazification à la fin des années 50, et que l’affaire Naumann en 1953 ou d’anciens nazis qui ont tenté d’infiltrer le FDP ont provoqué certains remous. L’élection de Walter Scheel en 1968 à la tête du FDP avait déplacé la politique vers un social-libéralisme.
Vis-à-vis du SDP et de la CDU/CSU, le parti reste un partenaire « junior » faisant partie de plusieurs gouvernements et ce même dans celui actuellement dirigé par Olaf Scholz, ce qui permet aux libéraux d’être un facteur dans l’équilibre des pouvoirs d’une certaine façon. Présent au Bundestag de manière continuelle, les libéraux ont subi une déconvenue lors des élections fédérales de 2013 où tous les sièges ont été perdus.
Des personnalités venant de ce parti
Theodor Heuss comme Walter Scheel sont des personnalités importantes du parti. Ce dernier a été vice-chancelier d’Allemagne (22 octobre 1969 au 16 mai 1974) et ministre des Affaires étrangères (21 octobre 1969 au 16 mai 1974). Sous la direction de Willy Brandt et via son poste de ministre des Affaires étrangères, celui-ci va participer au rapprochement de la RFA avec le bloc soviétique et à la reconnaissance de l’existence de la RDA, non sans quelques débats au niveau national. Theodor Heuss sera le premier président du parti, mais aussi le premier président de l’Allemagne de l’Ouest en 1949. Il va jouer un rôle important pendant les années Wirtschaftswunder et la stabilisation de la démocratie en Allemagne de l’Ouest au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.


AfD (Alternative pour l’Allemagne)

- Fondation : 6 février 2013
- Positionnement : Extrême-droite
- Idéologie : Nationalisme-conservatisme, Populisme de droite, Euroscepticisme, Opposition à l’immigration
- Groupe au parlement européen : L’Europe des nations souveraines depuis 2024 (anciennement ID)
Logo de Alternative pour l’Allemagne
Fondation d’Alternative pour l’Allemagne
L’AfD a été fondé par des personnalités comme Gauland, Benrd Lucke et d’anciens membres venant de la CDU.
Quel est son poids au niveau national ?
Alternative pour l’Allemagne est un parti politique allemand de tendance national-conservatrice et situé à l’extrême-droite. L’idéologie du parti a évolué et le parti était conservateur et eurosceptique à ses débuts. Néanmoins, les positions ont évolué vers une droite radicale, anti-immigration et en 2017 après le départ de Frauke Petry. Le parti est accusé d’entretenir des liens avec des groupes extrémistes en Allemagne.
Son intégration au Bundestag s’est faite lors des élections fédérales de 2017 après avoir raté de peu l’entrée lors des élections fédérales de 2013. Devenant le troisième parti du pays lors des élections fédérales de 2017 et principal parti d’opposition, les résultats ont été moins bons lors des élections fédérales de 2021 avec une perte de sièges à la clé.

Frauke Petry
Grünen (Alliance 90/Les Verts)

- Fondation : 14 mai 1993
- Positionnement : Centre-gauche
- Idéologie : Ecologie politique
- Groupe au parlement européen : Groupe des Verts/Alliance libre européenne (Verts/ALE)
Logo du parti Alliance 90/Les verts
Quelle histoire politique pour l’Alliance 90/Les verts ?
Alliance 90/Les verts est un parti allemand situé au centre-gauche et de tendance écologique. Formé lors de la fusion des Verts (formé en Allemagne de l’Ouest en 1980) et Alliance 90 (formé en Allemagne de l’Est en 1990), les Verts allemands ont été partenaires de coalition lors de deux périodes : la première avec le SPD de 1998 à 2005 et de nouveau avec le SPD et le FDP à la suite des élections fédérales de 2021.
Annalena Charlotte Alma Baerbock et Robert Habeck, anciens co-dirigeants (2018-2022) l’ont fait avec un certain pragmatisme ce qui explique les verts travaillent avec différents partis venant de tous bords politiques en plus de l’accent mis sur les politiques mises écologiques et progressistes. Les Verts sont pour une politique de défense centriste et sont en faveur de l’Union européenne, notamment avec un renforcement de la politique étrangère et de l’OTAN. Néanmoins, il y a une division sur la question du désarmement nucléaire et sur les armes nucléaires américaines sur le territoire allemand.
Die Linke

- Fondation : 16 juin 2007
- Positionnement : Gauche à extrême-gauche
- Idéologie : Socialisme-démocratique, Populisme de gauche
- Groupe au parlement européen : Groupe de la gauche au parlement européen (GUE/NGL)
Logo de Die Linke © die-linke.de
Quelle histoire politique pour Die Linke ?
Die Linke est un parti allemand situé sur la gauche radicale et de tendance populiste. La Gauche a été fondée en 2007 suite à la fusion de deux partis : Le Parti du socialisme démocratique et Travail et justice sociale – L’alternative électorale. Via le PDS (qui était un parti basé sur le socialisme-démocratique et actif entre 1989 et 2007), c’est l’héritier du Parti socialiste unifié d’Allemagne d’orientation marxiste-léniniste qui était le parti fondateur de la RDA et au pouvoir jusqu’à sa dissolution en 1989.
L’idéologie de Die Linke se réfère au socialisme démocratique par opposition au capitalisme. Le parti est pour le désarmement international et la fin de l’OTAN (dont le retrait des troupes américaines en Allemagne) par un « système de sécurité collective ». Concernant l’Union européenne, même si l’intégration européenne n’est pas critiquée voire plutôt saluée, des critiques sont émises contre des politiques considérées comme néolibérales. Et comme pour l’UE, l’invasion de l’Ukraine a divisé le parti, notamment avec des éléments nostalgiques de l’URSS, par exemple.
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