
- Population : 10,86 millions d’habitants (2023)
- Capitale : Prague
- Plus grande ville : Prague
- Monnaie : Couronne tchèque
- Langue officielle : Tchèque

Carte de la Tchéquie
Ancien État faisant partie de la Tchécoslovaquie
La Tchéquie est un État indépendant depuis le 1er janvier 1993 et faisait autrefois partie de la Tchécoslovaquie. La Tchécoslovaquie est un ancien état ayant duré 68 ans (28 octobre – 15 mars 1939 et 5 avril 1945 – 31 décembre 1992) et réunissant la Tchéquie et la Slovaquie.
La Tchéquie dans l’Union européenne
S’ancrer dans une Europe synonyme de démocratie et de prospérité était l’un des deux objectifs que la Tchéquie (République tchèque) avait en tête lorsque le bloc de l’Est s’est effondré. Sa candidature pour son entrée dans l’Union Européenne a été effectuée en janvier 1996. Elle est devenue membre de l’Union Européenne le 1er mai 2004 avec neuf autres pays lors du plus large élargissement. Celle-ci a dû adapter son économie et son système politique aux normes européennes, comme beaucoup de pays d’Europe centrale et orientale. Cette volonté d’intégration européenne a aussi été renforcée par un référendum tenu les 13 et 14 juin 2003 avec à la clé 77,3 % de soutien concernant cette adhésion.
La Tchéquie dans l’OTAN
La Tchéquie a intégré l’OTAN le 12 mars 1999 avec deux autres pays : la Hongrie et la Pologne. C’est la première extension depuis l’entrée de l’Espagne dans l’organisation en 1982. C’est aussi une façon pour le pays de nouer des liens avec les États-Unis et de se protéger de la Russie.
Système politique tchèque
Le parlement de la Tchéquie, qui se trouve dans la capitale Prague, est de type bicaméral (avec une chambre haute et une chambre basse) :
- Le Sénat : la chambre haute est composée de 81 sénateurs élus pour une durée de six ans avec un renouvellement par tiers tous les deux ans. Son rôle est d’assurer le pouvoir législatif de concert avec la chambre basse. Cette dernière peut retarder l’adoption avec un veto, qui peut être annulé par une majorité au sein de la Chambre des députés lors d’un vote répété. Ses pouvoirs sont moindres contrairement à la chambre basse (pas d’adoption du budget ni de vote de défiance au gouvernement).
- La Chambre des députés : la chambre basse est composée de 200 députés avec un renouvellement tous les quatre ans. Son rôle est d’exercer le pouvoir législatif via le vote des lois, l’adoption du budget et le contrôle du gouvernement.

Logo Chambre des députés © psp.cz


Salle de réunion de la Chambre des députés (à gauche) © psp.cz , Salle de réunion du Sénat (à droite) © senat.cz
Quel gouvernement pour la Tchéquie ?
Andrej Babiš est le Premier ministre tchèque (Président du gouvernement tchèque) depuis le 9 décembre en succédant à Petr Fiala (28 novembre 2021 – 9 décembre 2025). Il est issu de ANO 2011 et est à la tête d’un gouvernement majoritaire de droite populiste comprenant le SPD et Automobilistes ensemble (AUTO).

Andrej Babiš © vlada.gov.cz

Petr Fiala, ancien Premier ministre de Tchéquie (28 novembre 2021 – 9 décembre 2025) issu de ODS
Petr Fiala © vlada.cz
Petr Pavel est le Président de la République tchèque depuis le 9 mars 2023. Ce dernier est indépendant mais a été soutenu par la coalition pro-européenne SPOLU.
Petr Pavel © hrad.cz

Quels résultats pour les législatives de 2021 ?
ANO 2011 est le parti ayant le plus de députés au parlement tchèque. Néanmoins, celui-ci se retrouve dans l’opposition à la suite de la perte de ses deux alliés (sociaux-démocrates et communistes) lors des législatives de 2021. C’est les deux coalitions anti Andrej Babiš (leader de ANO 2011) SPOLU et PaS qui se retrouvent aux manettes du gouvernement.
Quels résultats pour les présidentielles de 2023 ?
Petr Pavel, soutenu par la coalition de centre-droit, pro-européenne et atlantiste, SPOLU, a remporté ces présidentielles face au candidat populiste Andrej Babiš et leader de ANO 2011.
Quels résultats pour les européennes de 2024 ?
La formation populiste de ANO 2011 gagne ces élections en remportant un siège de plus là où la coalition pro-européenne menée par ODS, SPOLU, est en recul avec une perte de sièges. L’autre chute est pour le Parti Pirate tchèque qui passe de la troisième place (en 2019) à la sixième place avec une perte de sièges conséquentes. Les formations populistes et eurosceptiques en sont sorties renforcées, comme c’est le cas pour l’extrême-gauche de Stačilo! ou l’alliance électorale de la droite radicale de Přísaha et les automobilistes qui fait son entrée au Parlement européen (et se classe troisième). Le SPD (la formation la plus importante de l’extrême-droite tchèque) continue de perdre des voix au niveau européen (comme au niveau national). La formation libérale pro-européenne Maires et indépendants est la seule qui voit son nombre de sièges augmenter.
ANO 2011 passe de six à sept sièges tandis que SPOLU perd deux sièges sur les huit sièges de l’ancienne législature. Le Parti Pirate tchèque chute lourdement en perdant deux sièges sur trois. Přísaha et les automobilistes remportent leurs deux premiers sièges au parlement européen et Stačilo! passe de un à deux sièges. La formation d’extrême-droite du SPD perd un de ses deux sièges et voit d’autres formations populistes lui passer devant. La seule formation pro-européenne qui voit un gain de sièges est Maires et indépendants, en passant de un à deux sièges.
Quels résultats pour les législatives tchèques de 2025 ?
Ces législatives sont remportées par la droite populiste de ANO 2011 (34,51 %) avec une augmentation de sièges à la clé (de 72 à 80). Cela marque aussi un retour au pouvoir pour la personnalité controversée qu’est Andrej Babiš. Ce dernier a axé sa campagne sur une rhétorique populiste avec des critiques envers l’UE et le soutien à l’Ukraine, ce qui ne change pas des dernières présidentielles perdues face au Président actuel. Le score est historique pour cette formation et reste une force politique importante (malgré un recul en 2021). Le renforcement d’ANO s’est traduit par un affaiblissement des extrêmes (SPD et Stačilo!). Le scénario d’une coalition surnommée la « coalition de l’horreur », comprenant aussi ses deux partis, n’aura pas eu lieu, surtout au vu d’un référendum d’une sortie de l’UE demandé par ces derniers.
A contrario de ANO 2011, c’est un échec pour le Premier ministre sortant Petr Fiala qui voit la coalition SPOLU reculer (23,36 % avec une perte de 4,4 points) et arriver deuxième. La coalition menée par ODS (du Premier ministre sortant) et comprenant aussi KDU-ČSL et TOP 09 voit des pertes chez tous ses membres. La sanction est la même pour ces alliés de gouvernement de STAN (Maires et Indépendants) qui sont aussi en recul. La formation pro-européenne gagnante est le Parti pirate tchèque (ČSP).
Un nouveau parti fait son entrée au Parlement tchèque après les élections européennes de 2024. Il s’agit ni plus ni moins que la formation de droite radicale Automobilistes ensemble (AUTO) menée par Filip Turek. Le SPD, qui est la formation principale de droite radicale, subit un recul sur la scène politique tchèque au profit d’AUTO.
Cette élection, qui a vu les populistes d’ANO gagner et les formations pro-européennes perdre, n’envoie pas un bon signal pour ses alliés européens dans un contexte de guerre en Ukraine. Seule Prague aura résisté à la vague d’ANO 2011 au niveau national en envoyant la coalition de SPOLU en tête (33,97 %) ainsi que l’étranger (39,26 %). La formation d’un gouvernement de coalition pour Andrej Babiš risque d’être compliqué sachant que SPOLU ainsi que STAN et Pirates ont refusé tout gouvernement avec lui. Les deux formations de droite radicale (AUTO et SPD) sont intéressées de participer au gouvernement là ou ANO 2011 préférerait diriger en minoritaire.
Un accord de gouvernement eurosceptique a été trouvé entre le futur Premier ministre Andrej Babiš et sa formation ANO 2011 et les deux autres formations de droites radicales et populistes : SPD et Automobilistes ensemble (AUTO) le 3 novembre. Le référendum sur l’appartenance à l’UE prôné par le SPD a été exclu par Andrej Babiš.
Le parti fort de ces dernières années
ANO 2011

- Fondation : 11 mai 2012
- Positionnement : Droite actuellement (anciennement sur un position centre à centre-droit)
- Idéologie : Conservatisme, Populisme de droite, Nationalisme tchèque, Euroscepticisme (anciennement libéral-conservateur)
- Groupe au parlement européen : Patriotes pour l’Europe depuis 2024 (anciennement Renew Europe)
Logo ANO 2011
Fondation d’ANO 2011
Ce parti a été fondé par Andrej Babiš en 2012. Une association avait été formée en 2011 sous le nom Action des citoyens mécontents (avec pour but de dénoncer la corruption systémique au niveau du système politique tchèque) avant que l’enregistrement soit fait en parti politique (sous ANO 2011).
Quel est son poids au niveau national ?
ANO 2011 est un parti tchèque de centre-droit et de tendance libérale avec une pointe de populisme. Sur le plan idéologique, on peut remarquer que le parti a des points communs avec L’Union chrétienne démocrate – Parti populaire tchécoslovaque. De même, la position du parti est débattue même si on pourrait la classer sur un centre populiste. Sa position vis-à-vis de l’Europe a aussi évolué au fil du temps. D’abord eurosceptique avec notamment une opposition à l’entrée dans l’euro et à une intégration européenne plus forte, les positions sont plus proches de parti pro-européen. Récemment, le virage du parti s’est effectué vers la droite tant au niveau national qu’au niveau européen (avec un euroscepticisme remis au goût du jour).
Assez récent sur la scène politique tchèque, le parti avait créé la surprise en 2013 lors de ses premières législatives en 2013 en terminant deuxième. Le parti continue de faire des scores élevés en étant un parti important sur la scène politique tchèque.
Des personnalités venant de ce parti
Andrej Babiš est la personnalité centrale du parti ANO 2011 et est l’un des hommes politiques les plus populaires du pays. Propriétaire d’une des plus grandes entreprises du pays, celui a fondé son parti « pour lutter contre la corruption et d’autres maux dans le système politique du pays » et est le seul Premier ministre ne venant pas du Parti démocratique civique ou Parti social-démocrate tchèque à avoir occupé ce poste. Celui-ci a beaucoup été critiqué pour sa gestion de la pandémie de COVID-19 qui s’est révélée chaotique.

Andrej Babiš
Les deux partis traditionnels de la vie politique tchèque
ODS (Parti démocratique civique)

- Fondation : 21 avril 1991
- Positionnement : Centre-droit à Droite
- Idéologie : Libéralisme-conservatisme, Libéralisme économique, Euroscepticisme
- Groupe au parlement européen : CRE (Conservateurs et réformistes européens)
Logo ODS © psp.cz
Fondation d’ODS
Le parti politique a été fondé en 1991 en étant l’un des successeurs de Forum civique. Ce dernier était un mouvement politique créé lors de la Révolution de velours en 1989. C’est l’une des deux ailes principales, le Club interparlementaire de la droite démocratique et menée par Václav Klaus, qui va devenir ensuite le parti tel que l’on connaît aujourd’hui après la dissolution du Forum civique.
Quel est son poids au niveau national ?
ODS est un parti tchèque situé à droite et de tendance libérale-conservateur. Ces derniers se rapprochent idéologiquement des conservateurs britanniques ou suédois. Le parti est eurosceptique et s’oppose, par exemple, à une Europe fédérale mais est atlantiste. Au niveau national, le Parti démocratique civique se positionne contre l’immigration et est aussi en faveur du port d’armes, ce qui dénote en Europe par rapport aux autres partis conservateurs, notamment les conservateurs britanniques. En ce qui concerne cette question du port d’armes, l’ODS se rapproche des républicains.
Avec le ČSSD, c’est l’un des deux partis forts du parti du pays. Contrairement à son rival du ČSSD, le Parti démocratique civique a toujours été représenté et son seul échec aura eu lieu lors des législatives de 2013 (avec une cinquième position). Plusieurs Présidents de gouvernements sont issus de ce parti.
Des personnalités venant de ce parti
Parmi les Présidents du gouvernement, on peut citer Petr Nečas, Mirek Topolánek ou même le résident du gouvernement actuel : Petr Fiala. On peut aussi citer Václav Klaus comme ancien personnage important de ce parti ainsi que de la vie politique tchèque. Sa présidence (7 mars 2003 au 7 mars 2013) a été marquée, par exemple, par des opinions tranchées avec des positions eurosceptiques, de déni du changement climatique. Une vaste campagne d’amnistie dans ces derniers mois de mandat l’a fait inculper pour haute trahison par le Sénat.
SOCDEM (Social-Démocratie), anciennement ČSSD (Parti social-démocrate tchèque)

- Fondation : 7 avril 1878
- Positionnement : Centre-gauche (historiquement : gauche)
- Idéologie : Social-démocratie (anciennement : socialisme), Pro-européen
- Groupe au parlement européen : anciennement S&D (L’ Alliance Progressiste des Socialistes et Démocrates). Il n’y a plus de représentants au sein du groupe depuis 2019
Logo Social-Démocratie
Fondation de SOCDEM
Le parti a été recrée après la Révolution de velours de 1989. Sa création initiale s’est faite le 7 avril 1878 en Autriche-Hongrie et constituée en tant qu’aile régionale du Parti social-démocrate d’Autriche.
Quel est son poids au niveau national ?
Le ČSSD est un parti situé au centre-gauche et a une tendance social-démocrate. Le ČSSD se base comme la plupart des partis sociaux-démocrates, à savoir sur une économie mixte avec un État-providence fort. Sur le plan étranger et contrairement à l’ODS, les sociaux-démocrates du ČSSD soutiennent l’intégration européenne avec une volonté d’aller plus loin, notamment sur la question de l’adhésion à l’euro où le parti pris est en faveur de cela. Même si le parti est en faveur de l’OTAN, des critiques sont émises quant à la politique étrangère des États-Unis.
Avec l’ODS, c’est l’un des deux partis politiques forts du pays. Néanmoins, la chute en 2017, puis le score historique des sociaux-démocrates en 2021, qui prive le parti de tous représentants à la Chambre des représentants, ne sont que les résultats des échecs qui touchent le parti depuis quelques années.
Des personnalités venant de ce parti
Miloš Zeman est une ancienne personnalité politique importante du Parti social-démocrate tchèque (celui-ci ne fait plus partie du ČSSD depuis 2009). Président du gouvernement tchèque du 17 juillet 1997 au 15 juillet 2002 et ancien Président de la République tchèque (8 mars 2013 – 8 mars 2023), on peut dire que l’ancien Président pourrait être qualifié de populiste sur certains points comme l’immigration ou les droits LGBT, alors que son positionnement relevait du centre-gauche lorsque celui-ci était Président du gouvernement tchèque. C’est un fédéraliste européen (du moins avant les élections présidentielles de 2013) qui est en faveur de l’adoption de l’euro, ce qui a changé avec son prédécesseur eurosceptique Václav Klaus. Néanmoins, ses positions ont changé, avec notamment des critiques envers l’UE. C’est un des volets internationaux qui font partie de son ancien mandat présidentiel.

Miloš Zeman © hrad.cz
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