Un pays sous tension politique avant des présidentielles importantes
Avant de s’intéresser aux présidentielles, il est important de revenir sur les législatives de 2015 et de 2019. Les législatives de 2015 ont vu la majorité sortante PO-PSL perdre contre le parti PIS droit et justice (national-conservateur). Le parti Droit et Justice a obtenu la majorité absolue (37,58%), ce qui a été une première depuis la chute du communisme (1989). Le parti PO (Plate-forme civique, centre-droit) est quant à lui arrivé en deuxième position (24,09%). Cela a été une hécatombe pour la gauche qui n’a obtenu aucun élu ni à la Diète ni au Sénat.
Les législatives du 13 octobre 2019 visaient à renouveler la Diète (460 sièges) et le Sénat (100 sièges). Ce scrutin a été marqué par une participation record qui s’est élevée à 61,16 %. Ces législatives ont vu la victoire du parti PiS qui a réalisé le score le plus élevé pour un parti depuis la chute du communisme (43,59%). PiS a obtenu 199 sièges et sa coalition Droite unie, dont le parti tient le leadership, a obtenu au total 235 sièges. Avec plus de 230 sièges, la majorité a donc été acquise. Le parti PiS a confirmé sa progression, surtout dans les zones rurales, notamment auprès des agriculteurs et ouvriers.

Logo PiS droit et justice © pis.org.pl
L’opposition, menée par Plateforme Civique, est arrivée en deuxième position (27,40%) avec 119 sièges. La Coalition civique dirigée par ces derniers s’en sort avec un total de 134 sièges. En revanche, le Sénat a été perdu par le parti PiS (qui disposait de 61 sièges sur 100), couplée à une victoire pour l’opposition d’une courte tête (51 sièges sur 100).
Logo Plate-Forme Civique © platforma.org

Une élection présidentielle qui est à ce jour la plus serrée de l’histoire politique polonaise
Malgré le contexte de la crise sanitaire, la participation a été en forte hausse, que ce soit pour le premier tour (64,51 %) ainsi que le deuxième tour (68,18 %). Cette élection présidentielle reste l’élection à ce jour la plus serrée de l’histoire politique polonaise.
Le Président en Pologne est élu pour un mandat de cinq ans. Andrzej Duda, président de Pologne depuis 2015, est candidat à sa réélection. Il a été porté au pouvoir par le Parti PiS droit et justice en 2015. Sa réélection serait une très bonne nouvelle et un soutien pour le parti PiS en ce qui concerne la poursuite des réformes que le parti PiS veut continuer de mettre en place. Sur les questions sociétales, il reste très conservateur (par exemple, en étant partisan de la « famille traditionnelle »). Il s’inscrit dans la tradition de « l’illibéralisme » qui est notamment défendu par Viktor Orban. Rafal Trzaskowski a été le candidat désigné par le parti Plateforme civique (PO). Il est issu de la vague libérale qui a eu lieu au niveau des grandes villes en devenant l’opposant principal à Duda.

Andrzej Duda © nato-engages.org
Andrzej Duda a remporté le premier tour (avec 43,50 %) ainsi que le second tour (avec 51,03 % des voix) contre 48,97 % des voix pour Rafal Trzaskowski au terme d’un duel très serré.
Quel bilan rEUcap peut en tirer pour ces élections ?
Cette élection avait un enjeu particulier. En effet, le Président en Pologne peut opposer son veto sur les lois. Une victoire du candidat libéral pouvait amener à une cohabitation, ce qui aurait pu provoquer par la suite des élections parlementaires anticipées. La victoire d’Andrzej Duda a permis de conforter la majorité de droite.
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