
- Population : 1,345 millions d’habitants (2023)
- Capitale : Nicosie
- Plus grande ville : Nicosie
- Monnaie : Euro
- Langues officielles : Grec, Turc

Carte de Chypre
Le cas particulier de Chypre du Nord
Chypre du Nord, qui est situé au nord de l’île, est un état uniquement reconnu par la Turquie. Il n’y a pas de reconnaissance au niveau international. D’ailleurs, c’est considéré comme un territoire occupé au niveau de l’ONU.

Le drapeau de Chypre du Nord se situe à droite.
Ce qu’on appelle la partition de Chypre fait référence à la division de facto de l’île en deux entités distinctes. Depuis 1974 et l’invasion de l’île par l’armée turque, on a la République de Chypre au sud qui est reconnue internationalement et membre de l’Union européenne, et la République turque de Chypre du Nord qui se trouve au nord et seulement reconnue par la Turquie.
Chypre dans l’Union européenne
La demande d’adhésion par Chypre aux Communautés européennes a eu lieu en 1990. Cette adhésion à l’Union européenne était une occasion pour une réunification de l’île. Néanmoins, cette condition obligatoire ne l’est plus devenue en 1999 après l’échec concernant cette question. L’entrée de Chypre dans l’Union européenne s’est faite le 1er mai 2004 avec neuf autres pays mais en tant que territoire divisé. Néanmoins, les chypriotes turcs sont citoyens de l’Union européenne, mais la législation de l’UE ne s’applique pas dans la partie nord de l’île.
Quelle relation pour Chypre vis-à-vis de l’OTAN ?
Chypre fait partie des quatre états membres de l’UE à ne pas faire partie de l’OTAN. Pour ce dernier, cela s’explique par la partition de 1974.
Système politique chypriote
La Chambre des représentants est le parlement monocaméral qui régit la vie politique chypriote. Le parlement se situe dans la capitale, Nicosie. Ce parlement, dont son rôle est d’assurer le pouvoir législatif, est composé de 56 représentants élus pour cinq ans. Officiellement, il y a 80 sièges dont 24 réservés aux chypriotes turques. Mais ces sièges ne sont pas pourvus depuis que la partition de l’île a eu lieu en 1974. La Chambre des représentants a aussi la particularité d’être la seule législature de l’UE au sein d’un régime entièrement présidentiel.
Quel gouvernement pour Chypre ?
Chypre est un cas particulier où le poste de Premier ministre n’existe pas. Le Rassemblement démocrate (DISY) est le parti ayant le plus de sièges (17). La présidente de la Chambre des représentants est, depuis le 10 juin 2021, Anníta Dimitríou qui est issue de DISY.
Anníta Dimitríou, actuelle Présidente de la Chambre des représentants depuis le 10 juin 2021. C’est aussi la première femme et plus jeune personne à occuper cette fonction.
Anníta Dimitríou © parliament.cy

Níkos Christodoulídis est le Président de la république de Chypre depuis le 28 février 2023. Il est indépendant après avoir été exclu en 2023 de son ancienne formation politique, le Rassemblement démocrate (DISY).

Níkos Christodoulídis, actuel Président de Chypre et ancien Ministre des Affaires étrangères (1er mars 2018 – 11 janvier 2022). C’est un ancien membre de DISY.
Quels résultats pour les présidentielles chypriotes de 2023 ?
Une élection qui a vu la victoire de Níkos Christodoulídis, ancien Ministre et membre du DISY.
Quels résultats pour les européennes de 2024 ?
Le Rassemblement démocratique (DISY) remporte l’élection (24,78 %) malgré une légère baisse (-4,24 points) face à son rival d’AKEL (21,49 % avec une perte de six points). L’extrême-droite chypriote (ELAM) fait son entrée au Parlement européen en dépassant le Parti démocrate (DIKO) et se plaçant quatrième. Ce résultat était pressenti au vu de la place que prend le parti sur la scène politique chypriote depuis quelques élections. La sortie du Parlement européen est pour le Mouvement pour la démocratie sociale (EDEK), tandis que la surprise de ce scrutin vient du vidéaste pro-russe Fidias Panayiotou, à la tête d’une liste indépendante qui arrive troisième.
DISY, malgré une baisse, garde ses deux sièges à contrario de AKEL qui perd un de ses deux sièges. C’est le pire résultat pour ces derniers. ELAM obtient son premier siège au parlement ainsi que la liste indépendante de Fidias Panayiotou. DIKO conserve son siège malgré un recul de voix, tandis que EDEK perd son unique siège.
Les deux partis politiques chypriotes dominants
DISY (Rassemblement Démocrate)

- Fondation : 4 juillet 1976
- Positionnement : Centre-droit à Droite
- Idéologie : Démocratie-chrétienne, Libéralisme-conservatisme, Pro-européen
- Groupe au parlement européen : PPE (Parti populaire européen)
Logo du Rassemblement démocrate
Fondation du Rassemblement démocrate
Le Rassemblement Démocrate est né à la suite d’une scission au sein de Eniaion (Parti uni), parti politique modéré de centre-droit. Cette scission a donné lieu à deux partis : le Parti démocrate (DIKO) ainsi que DISY, le tout dans un contexte qui a fait suite à l’invasion turque et le coup d’État chypriote de 1974. A sa création, DISY rassemblait la droite modérée ainsi que d’anciens sympathisants de l’EOKA B, les deux étant opposés au retour de l’archevêque Makarios à la présidence. Bien sûr, le côté pro-occidental et anti-communiste était de mise.
Quel est son poids au niveau national ?
Le Rassemblement Démocrate est un parti situé à droite et de tendance conservatrice. Au sein de DISY est présente plusieurs factions allant des libéraux humanistes aux nationalistes et anticommunistes chypriotes grecs. Néanmoins, la direction est modérée (par exemple en soutenant le Plan Annan en 2004 par rapport à sa base plus radicale. Au niveau national, le Rassemblement démocrate soutient des politiques économiques libérales (baisse des impôts sur les entreprises et revenus par exemple) et est le parti le plus pro-européen et atlantiste par rapport aux autres partis chypriotes. Son électorat contient des hommes d’affaires, des cols-blancs et aussi des professionnels venant de la classe moyenne.
Avec le Parti progressiste des travailleurs, il est l’un des deux grands partis du pays.
Des personnalités venant de ce parti
Gláfkos Klirídis comme Níkos Anastasiádis font partie de ces personnalités politiques venant de cette formation politique ayant marqué la vie politique chypriote. Président à deux reprises (juillet à décembre 1974 par intérim et de 1993 à 2003), celui-ci a été un acteur dans l’indépendance de l’île, et la réunification ainsi que le rapprochement avec l’Europe. Fondateur de DISY en 1976, c’est un homme modéré qui a été le premier Président chypriote grec à se rendre dans la partie nord de l’île.

Gláfkos Klirídis (1919-2013)
AKEL (Parti Progressiste des travailleurs)

- Fondation : 15 août 1926
- Positionnement : Gauche à gauche radicale
- Idéologie : Communisme, Marxisme-léninisme, Nationalisme chypriote, Euroscepticisme modéré
- Groupe au parlement européen : La Gauche au Parlement européen (GUE/NGL)
Logo du Parti progressiste des travailleurs © akel.org.cy
Fondation du Parti progressiste des travailleurs
Fondé en 1926 sous le nom du Parti communiste de Chypre (KKK), l’indépendance de l’île vis-à-vis du régime britannique ainsi que l’opposition à l’Énosis (Union avec la Grèce) étaient les deux combats principaux que se donnaient le parti. Le parti tel que l’on connaît aujourd’hui sera fondé en 1941 par des membres clandestins après que le KKK soit illégal en 1931 (à la suite d’émeutes nationalistes).
Quel est son poids au niveau national ?
Le Parti progressiste des travailleurs est un parti chypriote de tendance marxiste-léniniste et situé à gauche. Sur le plan national, le parti est favorable aux prestations sociales et à de fortes nationalisations. Contrairement à son rival du DISY, AKEL est eurosceptique et n’a soutenu l’entrée dans l’UE qu’en l’échange de certaines conditions. De même, concernant le Plan Annan visant à régler le problème chypriote et proposé par le Conseil de sécurité de l’ONU, l’opposition a été de mise.
Avec le Rassemblement démocrate (DISY), c’est l’un des deux partis qui dominent la vie politique chypriote.
Des personnalités venant de ce parti
Dimítris Khristófias aura marqué la vie politique chypriote en étant le premier Président communiste dans l’Union européenne, dans un mandat qui a duré du 28 février 2008 au 28 février 2013. Durant son mandat, il a mis en place une politique sociale qui a été stoppée par la crise grecque de 2012, avec un effondrement du système bancaire chypriote. Des négociations en vue de la réunification de l’île ont aussi été entreprises, mais avec un échec à la clé malgré quelques progrès réalisés.

Dimítris Khristófias (1946-2019), premier Président communiste dans l’UE.
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