
- Population : 6,623 millions d’habitants (2023)
- Capitale : Belgrade
- Plus grande ville : Belgrade
- Monnaie : Dinar serbe
- Langue officielle : Serbe

Carte de la Serbie
Ancien état de l’ex-Yougoslavie
La Serbie faisait autrefois partie de la Yougoslavie, avant son éclatement qui a commencé au début des années 90.
Quelle relation pour la Serbie vis-à-vis de l’Union européenne ?
La Serbie a déposé sa candidature pour l’Union Européenne en 2009. L’ouverture du processus d’adhésion a eu lieu en 2011 et le statut de candidat officiel est accordé le 2 mars 2012. Néanmoins, une partie de la population est en faveur d’une union avec la Russie, ce qui met en avant les liens entre la Russie et sa petite soeur de Serbie.
Les manifestations étudiantes qui touchent le pays depuis le 3 novembre 2024 compliquent actuellement les relations entre l’UE et le pays, et la réponse autoritaire du Président Aleksandar Vučić n’arrange en rien cela. Néanmoins, une certaine méfiance grandit aussi au sein des manifestants qui accusent l’Union européenne de ne pas condamner de manière assez forte la répression pour protéger ses intérêts économiques. La position favorablement pro-russe du gouvernement (en dépit de la condamnation de la Guerre en Ukraine de l’envoi de millions d’euros d’armes en Ukraine) peut être aussi un frein en vue d’une future adhésion.
Quelle relation pour la Serbie vis-à-vis de l’OTAN ?
La Serbie ne fait pas partie de l’OTAN mais est le dernier pays à avoir intégré le Partenariat pour la paix le 14 décembre 2006. Néanmoins, la Serbie n’a pas encore l’intention d’intégrer cette organisation mais a approuvé dans le cadre de sa coopération avec l’OTAN, un Programme de partenariat individuel (IPP).
La question épineuse du Kosovo
Le Kosovo est une province autonome de Serbie dont l’indépendance a été proclamée le 17 février 2008. Cependant, cette indépendance n’est pas reconnue par l’ONU ni par l’Union Européenne. Cette région est conflictuelle, sachant que la minorité serbe située au nord veut rester au sein de la Serbie.
La Guerre du Kosovo, qui fait partie des Guerres de Yougoslavie, s’est déroulée du 6 mars 1998 au 10 juin 1999 et a opposé l’armée yougoslave à l’Armée de libération du Kosovo (UÇK). Ce conflit a aussi vu l’intervention de l’OTAN à partir du 24 mars 1999.
Système politique serbe
L’Assemblée nationale (en serbe latin : Narodna skupština) est l’endroit qui concentre le pouvoir monocaméral législatif. Son rôle, via le pouvoir législatif, est le vote et l’adoption des lois, le vote du budget ainsi que le contrôle de l’exécutif. Ce bâtiment se trouve à Belgrade, qui est la capitale de la Serbie. Le nombre de députés qui y siègent s’élève à 250 députés, le tout pour un mandat renouvelable tous les quatre ans.

Bâtiment abritant l’Assemblée nationale
Quel gouvernement pour la Serbie ?
Le Premier ministre est Đuro Macut depuis le 16 avril 2025 et a succédé à Miloš Vučević. Le Président actuel est Aleksandar Vučić. Élu pour la première fois lors des présidentielles serbes de 2017 au premier tour, ce dernier, issu du SNS, a récidivé lors des présidentielles de 2022 en faisant de surcroît un score plus important.

Đuro Macut © srbija.gov.rs
Aleksandar Vučić © predsednik.rs

Le SNS, parti qui domine la vie politique serbe
SNS (Parti progressiste de Serbie)

- Fondation : 8 septembre 2008
- Positionnement : Attrape-tout ou centre-droit à droite
- Idéologie : Libéral-conservatisme, Néolibéralisme, Populisme
Logo Parti progressiste de Serbie © sns.org.rs
Fondation du Parti progressiste de Serbie
Le parti a été fondé en 2008 par Tomislav Nikolić et Aleksandar Vučić à la suite d’une scission du Parti radical serbe, situé à l’extrême-droite sur l’échiquier politique.
Quel est son poids au niveau national ?
Le Parti progressiste de Serbie est un parti situé sur un échiquier allant du centre-droit à droite voire dans une logique de grande tente, de tendance conservatrice. Sur le plan économique, le parti adopte des positions néolibérales. Concernant l’Europe, l’objectif du SNS est de poursuivre l’intégration européenne même si cela l’est plus par pragmatisme (avec le Kosovo faisant partie de son territoire). Concernant l’adhésion à l’OTAN, le point de vue est différent, avec une préférence pour la neutralité militaire plutôt qu’une adhésion. Même les anciennes positions y compris des propos radicaux (comme la création de la « Grande Serbie »), adoptées par d’anciens membres du SRS ont été abandonnées.
Des personnalités venant de ce parti
Aleksandar Vučić est un personnage important du SNS et de la politique serbe. D’abord Premier ministre en 2014 puis Président depuis 2017, son mandat de Premier ministre a été marqué par des réformes économiques basées sur l’austérité mais aussi une lutte contre la corruption. Celui-ci est en faveur de l’intégration dans l’Union européenne, agit dans ce sens que ce soit lorsque celui-ci a été Premier ministre ou sous la présidence actuelle. Néanmoins, celui-ci est toujours en faveur de liens avec la Russie et veut les consolider même avec une entrée de la Serbie dans l’UE. D’ailleurs, Vučić n’a pas mis en place de sanctions contre la Russie, contrairement à ses homologues européens. Mais il fait aussi l’objet de critiques et controverses. Des critiques sont émises, par exemple, pour des pressions sur des médias critiques envers lui. Sur certains points, il peut être considéré comme un autocrate. De même, son ancienne déclaration concernant la Grande Serbie lui colle toujours à la peau même si celui-ci a abandonné cette théorie en 2008.
D’autres partis sur la scène politique serbe
SRS (Parti radical serbe)

- Fondation : 23 février 1991
- Positionnement : Extrême-droite
- Idéologie : Ultranationalisme, Irrédentisme serbe Populisme de droite, Euroscepticisme radical, Antioccidentalisme
Logo du Parti radical serbe
Fondation du Parti radical de Serbie
Fondé en 2001, son fondateur est Vojislav Šešelj, reconnu coupable de crimes de guerre par le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie.
Quel est son poids au niveau national ?
Le Parti radical de Serbie est un parti nationaliste serbe situé à l’extrême-droite sur l’échiquier politique. Le SRS est basé sur un ultranationalisme serbe et soutient l’idée de la Grande Serbie, idéologie largement répandue dans les années 90. Néanmoins, le parti a mis l’accent sur le social ces dernières années. Sur le plan international, le parti est en faveur de relations plus fortes avec la Russie et s’oppose à l’intégration à l’Union européenne et à l’OTAN. De même, le Parti radical de Serbie ne veut en aucun cas d’un Kosovo indépendant, ce qui constitue un point de crispation.
Des personnalités venant de ce parti
Tomislav Nikolić faisait partie du SRS mais a démissionné le 6 septembre 2008 à la suite d’un désaccord avec Vojislav Šešelj sur l’adhésion à l’Union européenne. Tomislav voulait aussi, contrairement à ce dernier, moins orienter la politique du parti sur du nationalisme. Son expulsion se fera le 12 septembre 2008 et une partie du SRS va le suivre dans le SNS.

Vojislav Šešelj
Tomislav Nikolić

DS (Parti démocrate)

- Fondation : 3 février 1990 (refondation sous sa forme actuelle)
- Positionnement : Centre à centre-gauche
- Idéologie : Social-libéralisme, Social-démocratie, Pro-européen
Logo du Parti démocrate
Fondation du Parti démocratique
Fondé sous la forme actuelle en 1990, le parti se présente comme l’héritier de l’ancien Parti démocrate dissous en 1945.
Quel est son poids au niveau national ?
Le Parti Démocratique est un parti centriste de tendance social-libéral. Parti fourre-tout à ses débuts, passant vers un centre-droit sous l’ère Đinđić, le parti s’est positionné vers un centre sous Tadić avec comme idéologie le libéralisme-social. Actuellement, DS se situe dans la mouvance sociale-démocrate et est pro-européen.
Des personnalités venant de ce parti
Boris Tadić est une de ces figures du mouvement et de la politique serbe. Pendant sa présidence qui s’est déroulée du 11 juillet 2004 au 5 avril 2012, celui-ci a oeuvré pour la coopération et la réconciliation des anciens pays yougoslaves. Dans cette optique, Tadić a présenté ses excuses en Bosnie-Herzégovine pour les crimes commis au nom du peuple serbe le 6 décembre 2004. De même, pour le 10e anniversaire du massacre de Srebrenica, celui-ci s’est rendu là-bas en juillet 2005, dans ce qui constitue un chapitre douloureux de la guerre de Bosnie-Herzégovine. Le référendum sur l’indépendance au Monténégro en 2006 aura eu lieu aussi sous sa présidence. Il aura eu une politique pro-européenne même si l’indépendance du Kosovo ne sera pas reconnue pendant sa présidence, ni par son successeur. Une critique a été émise concernant la liberté de la presse avec l’introduction de mécanismes de contrôle des médias, renforcés par son successeur.

Boris Tadić
Comments are closed