
- Population : 124,5 millions d’habitants (2023)
- Capitale : Tokyo
- Plus grande ville : Tokyo
- Monnaie : Yen
- Langue officielle : Japonais

Carte du japon
Article 9 de la constitution japonaise
L’Article 9 de la constitution japonaise est un enjeu tant politique que sociétal. Cela a été voté le 3 novembre 1946 pendant l’occupation américaine (septembre 1945-1952), avec une entrée en vigueur le 3 mai 1947. Cet article stipule que le Japon renonce à la guerre et ne possède pas d’armée au sens strict du terme mais des Forces japonaises d’autodéfense avec un statut particulier.
L’Article 9 est souvent remis en cause au niveau politique, surtout de la part du mouvement révisionniste d’extrême-droite Nippon Kaigi dont font partie des membres influents du PLD (comme Shinzō Abe dans le passé). Ces derniers souhaitent la modification de la constitution avec en ligne de mire cet article.
Il y a eu des évolutions dans le temps, avec une dernière date de 2015 qui permet aux Forces japonaises d’autodéfense d’intervenir pour aider un pays ami en difficulté dans un conflit. On voit bien qu’il y a eu un éloignement de ce qui est défini à l’origine.
Quelle relation pour le Japon vis-à-vis de l’OTAN ?
Le Japon fait partie de ce qu’on appelle les partenaires mondiaux, qui sont au même niveau que les pays ayant un Plan d’action de partenariat individuel. Mais ce dernier est, comme à l’image de certains partenaires mondiaux (Corée du Sud, Australie…), un allié majeur pour les États-Unis dans cette zone de l’Indo-pacifique. Compte tenu de cela, le Japon bénéficie d’avantages militaires et financiers supplémentaires.
D’ailleurs, il y a un renforcement de la coopération entre l’Alliance et ces derniers depuis une dizaine d’années. L’année 2020 sera celle où le Japon participe à sa toute première réunion ministérielle de l’OTAN. Le renforcement se fait aussi dans des domaines tels que la Cyberdéfense, l’Assistance humanitaire et secours en cas de catastrophe ou les nouvelles technologies, par exemple. Ce pays a aussi apporté un soutien dans des opérations de l’OTAN qui ont eu lieu dans le passé, comme la FIAS en Afghanistan (2001-2014).
Système politique japonais
La Diète nationale est le parlement bicaméral (constitué d’une chambre basse et d’une chambre haute) qui régit la vie politique japonaise. Son siège se situe à Tokyo, la capitale du pays.
- La Chambre des conseillers qui est la chambre haute du parlement, est constituée de 248 conseillers élus pour une durée de six ans (avec un renouvellement par moitié tous les trois ans). Cette chambre haute possède le pouvoir législatif comme la chambre basse, mais n’a pas le dernier mot face à cette dernière si un désaccord subsiste sur les questions dites « centrales ».
- La Chambre des représentants, qui est la chambre basse du parlement, est constituée de 465 représentants élus pour une durée de quatre ans. Cette dernière détient le pouvoir législatif (comme pour la Chambre des conseillers) par le vote des lois, l’adoption du budget et le contrôle de l’exécutif. Cette chambre basse reste la plus puissante des deux et a le dernier mot pour les décisions législatives ou la ratification d’un traité (à la majorité des deux tiers de ses membres). En dehors de ces décisions, il faut l’aval des deux chambres pour des modifications (sur la constitution, par exemple).

Bâtiment de la Diète nationale © shugiin.go.jp
Quel gouvernement pour le Japon ?
Sanae Takaichi est la Première ministre japonaise depuis le 21 octobre 2025 et a succédé à Shigeru Ishiba (1er octobre 2024 – 21 octobre 2025). Elle est issue, tout comme son prédécesseur, du principal parti du pays, le Parti libéral-démocrate (qui dispose le plus de députés et de sénateurs à la Diète nationale). Ce dernier est devenu impopulaire dans un contexte de scandales politico-financiers couplé à de l’inflation et un contexte politique difficile qui l’a vu perdre la majorité à la chambre haute.

Sanae Takaichi © japan.kantei.go.jp
Shigeru Ishiba, ancien Premier ministre (1er octobre 2024 – 21 octobre 2025) et issu du PLD. Sa démission a eu lieu suite à des pressions et la menace d’un vote interne venant de son propre camp.
Shigeru Ishiba © japan.kantei.go.jp


Fumio Kishida, ancien Premier ministre du 4 octobre 2021 au 1er octobre 2024. Ce dernier a annoncé sa démission en août 2024 sur fonds de division au sein de son parti suite aux deux élections récentes parlementaires (avec à la clé des lourdes défaites).
Fumio Kishida © japan.kantei.go.jp
Quels résultats pour les législatives de 2024 ?
Les législatives du 27 octobre 2024 ont vu le Parti libéral-démocrate subir une défaite malgré une domination toujours présente. Comme pour le PLD qui perd la majorité absolue, son allié du Kōmeitō est aussi en baisse. C’est une sanction pour le gouvernement sortant touché par l’affaire de la caisse noire japonaise (scandale financier), une hausse de l’inflation et la révélation de liens avec la secte Moon, autant d’éléments qui auront contribué à ce jugement sévère de la part de l’électorat japonais. C’est aussi un vote sanction miné par la lassitude de la politique du PLD qui se retrouve avec la perte de sièges importants et un mécontentement vis-à-vis de son Premier ministre.
L’opposition est la grande gagnante de ces élections, mais la formation d’une coalition reste compliquée tant les divergences sont importantes. Même si une coalition menée par le Parti démocrate constitutionnel (PDC), arrivé en deuxième position, semble se dégager en premier lieu avec le Parti démocrate du peuple (PDP), le Parti japonais de l’innovation (Ishin) et le Parti communiste japonais, la nomination d’un futur premier ministre serait difficile en l’absence d’une majorité absolue. Le PDP est aussi dans une position de trouble fête avec les appels du pied du Premier ministre, même si le PLD se dirige plutôt vers un gouvernement minoritaire.
Shigeru Ishiba a été réélu à la tête d’un gouvernement minoritaire (avec le Kōmeitō) le 11 novembre 2024. Celui-ci pourrait se retrouver face à une motion de censure si le PDP cesse de coopérer (sans faire partie de la coalition).
Quels résultats pour les législatives de 2026 ?
Ces élections s’inscrivent dans une dissolution de la chambre basse provoquée par Sanae Takaichi fin janvier. Un des reproches qui lui a été adressé est d’avoir provoqué cela dans un but de privilégier les intérêts politiques, d’autant plus le PLD est à la tête d’un gouvernement minoritaire. C’est une victoire sans conteste pour la Première ministre et sa formation du PLD avec 36,72 % des voix. Cela en est même une victoire historique pour ces derniers avec 316 sièges (au-dessus des deux tiers de la Chambre des représentants).
Alliance centriste pour la réforme, issu de la fusion entre le PDC et le Kōmeitō arrive deuxième avec 18,63 % des voix. C’est une lourde défaite pour l’opposition qui perd un nombre conséquent de sièges (123 au total et 49 restants). Les conséquences de cette défaite sont importantes, avec des figures historiques battues. Noda, coprésident des Centristes (abréviation de l’Alliance centriste pour la réforme), a annoncé sa démission à la suite de ces résultats, tout en pointant sa responsabilité. Finalement, la création d’un nouveau parti aura eu l’effet contraire, avec une perte de voix et non l’inverse.
Le pari est gagnant pour Sanae Takaichi qui se retrouve consolidée à son poste avec une majorité absolue. C’est aussi un retour fort sur le devant de la scène politique pour les conservateurs du PLD après avoir subi des pertes importantes ces dernières années. Cette dernière n’aura aucun mal à appliquer ses politiques phares via son programme conservateur. On peut aussi noter la montée de l’extrême-droite japonaise, Sanseitō, qui augmente son nombre de sièges.
Le Parti libéral-démocrate, parti dominant de la vie politique japonaise depuis sa création

- Fondation : 15 novembre 1955
- Positionnement : Droite
- Idéologie : Conservatisme, Nationalisme japonais
Logo du PLD
Fondation et poids du PLD au niveau national
Le Parti libéral-démocrate est un parti japonais conservateur (avec un nationalisme japonais présent) situé à droite sur l’échiquier politique. La fondation s’est faite le 15 novembre 1955 par la fusion de deux principaux partis situés au centre-droit (le Parti libéral et le Parti démocrate du Japon) afin de faire face à la montée du Parti socialiste japonais. Même si le parti est conservateur tant sur le plan économique que sur le plan sociétal, on pourrait dire qu’il y a une variété de positions allant du conservatisme modéré à de l’ultranationalisme (extrême-droite) et qui se traduit par la présence de sept factions au sein du parti.
C’est le parti qui domine la vie politique japonaise depuis sa création. Le PLD a pratiquement toujours gouverné depuis des décennies sauf sur deux périodes : dix mois entre 1993 et 1994 et trois ans après la défaite aux législatives de 2009.
Des personnalités venant de ce parti
Shinzō Abe fait partie de ces anciens Premier ministres issus de ce parti. Ce dernier est une personnalité politique qui aura marqué la vie politique japonaise à travers ses deux mandats (26 septembre 2006 – 26 septembre 2007 et 26 décembre 2012 – 16 septembre 2020) et dont son assasinat a provoqué un séisme politique. On peut souligner que ce dernier est le Premier ministre à la longévité la plus importante.
Même si la politique économique a été marquée par ce qu’on appelle les Abenomics visant à relancer l’économie avec une certaine réussite, ce sont les politiques étrangères et de défense qui auront été les plus importantes. Il y a eu des élargissements des liens avec d’autres pays ou organisations. Comme l’OTAN, l’Union européenne (et même une tentative de rapprochement avec la Russie qui s’est terminée avec la Guerre en Ukraine), ce qui a permis un renforcement de la présence du Japon au niveau international. Cela a eu pour effet un éloignement d’une focalisation traditionnelle des relations bilatérales avec les États-Unis, la RPC et la Corée du Sud. D’ailleurs, là où un renforcement de la coopération a été acté avec son allié américain, des tensions ont eu lieu avec la RPC et la Corée du Sud. Une volonté de renforcement de la défense du pays a été entreprise sous celui-ci avec un objectif de modifier la constitution japonaise dans une optique de « pacifisme proactif » (ce qui n’a pas forcément plu à la RPC). Au niveau de la politique intérieure, l’aide de Abe pour l’obtention des Jeux olympiques d’été de 2020 pour Tokyo est à noter. Néanmoins, des controverses subsistent par rapport à ces mandats. On pourrait mettre en avant une mauvaise gestion du Covid, ses liens supposés avec la secte Moon ainsi qu’un révisionnisme vis-à-vis des crimes de guerre commis par le Japon (il était affilié au mouvement Nippon Kaigi).

Shinzō Abe © japan.kantei.go.jp
Le Parti démocrate-constitutionnel, l’ancien principal parti d’opposition

- Fondation : 3 octobre 2017 (fusionné dans L’Alliance centriste en janvier 2026)
- Positionnement : Centre au centre-gauche
- Idéologie : Social-libéralisme, Libéralisme japonais
Logo du PDC
Quelle histoire politique pour le Parti démocrate-constitutionnel ?
Le Parti démocrate-constitutionnel est un parti japonais social-libéral situé au centre-gauche. Sa fondation s’est faite en 2017 après une scission d’une partie (l’aile gauche) des membres du Parti démocrate progressiste. Comme pour le PLD, on pourrait dire que l’idéologie présente au sein du PDC va du social-libéralisme à la social-démocratie, avec un progressisme en opposition au conservatisme de ces derniers. D’ailleurs, le parti s’oppose à la révision de l’Article 9 de la constitution japonaise.
C’était le principal parti d’opposition face à l’hégémonie politique du PLD. Le PDC a augmenté sa présence parlementaire à chaque élection, avec notamment une augmentation conséquente lors des législatives de 2024. Néanmoins, le PDC a fusionné avec le Kōmeitō dans L’Alliance centriste pour la réforme en vue des législatives de 2026. Les deux partis continuent de fonctionner séparément à la Chambre des conseillers.
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