Maia Sandu, Présidente pro-européenne réélue aux dernières présidentielles
Maia Sandu a été réélue lors des dernières présidentielles de 2024 dans un contexte de guerre en Ukraine et d’une future possible intégration du pays dans l’UE. Elle avait fait face à Alexandr Stoianoglo, candidat pro-russe. Son score a été moins élevée que prévu étant donné que des voix venants d’autres candidats pro-européens étaient allés contre elle au second tour.

Maia Sandu, Présidente de la Moldavie depuis le 24 décembre 2020
Maia Sandu © presedinte.md
Cette victoire, dans une élection marquée par une ingérence de la Russie de Poutine, a été perçue comme un signal positif vis-à-vis de l’Ukraine mais aussi de son avenir européen. Cela a été aussi une victoire pour les alliés qui ont vu dans ce résultat (ainsi que celui du référendum pour l’intégration dans l’UE) une volonté pour la population moldave d’inscrire son avenir dans l’Europe. Cette victoire avait fait suite aux législatives de 2021 remportées par sa formation avec à la clé une majorité absolue.
L’enjeu de ces élections est surtout pour les pro-européens de conserver la majorité absolue pour permettre de continuer l’intégration du pays dans l’UE et le soutien à l’Ukraine. A contrario, une victoire des pro-russes pourrait tout remettre en cause.
Une nouvelle victoire pour les pro-européens du PAS avec un maintien de leur majorité absolue
Ces élections ont de nouveau été remportées par le Parti action et solidarité (dont est issue la Présidente actuelle) avec 50,2 % des voix devant le Bloc électoral patriotique (24,7 %). La majorité absolue est maintenue par rapport à 2021, mais une légère perte de sièges est à noter (huit sièges en moins). On peut dire que la formation pro-européenne est la première force du pays et c’est un signal positif envoyé à l’Europe pour la formation de la Présidente Maia Sandu. La diaspora connue pour son engagement pro-européen ainsi qu’une grande partie du pays, dont la capitale Chișinău, ont permis aux pro-européens du PAS d’obtenir ce pourcentage de voix. La Transnistrie a vu aussi son pourcentage à hauteur de 30 %, ce qui est une augmentation considérable par rapport à 2021 (13,59%).

Igor Grosu, leader du PAS © parlament.md
La coalition pro-russe menée par l’ancien président Igor Dodon, arrive deuxième avec aussi un recul au nombre des sièges. La défaite n’est pas reconnue et ce dernier a même appelé à manifester devant le Parlement le 29 septembre tout en revendiquant une victoire qui ne l’est pas (ce dernier avait même déclaré la victoire avant l’annonce des résultats). C’est aussi un échec pour la Russie de Poutine qui voit dans cette nouvelle défaite, un possible éloignement définitif de la Moldavie dans son giron. Les voix les plus nombreuses se sont trouvées en Transnistrie et Gagaouzie, région logiquement pro-russe ainsi que dans le nord de la Moldavie.
Des partis font leurs entrées au parlement comme la coalition menée par le Mouvement alternatif national (MAN) du maire de Chișinău Ion Ceban (huit sièges) ou Notre Parti (six sièges). La formation populiste pro-russe Démocratie à la maison obtient ses six premiers sièges. Pour les deux premiers, ceux-ci ne se présentent ni comme pro-russe ou ni comme pro-européen. On pourrait dire que la coalition Alternative (menée par MAN) penche plutôt vers l’Europe tandis que Notre parti penche plutôt vers la Russie. C’est peut-être aussi cette ambiguïté concernant son positionnement européen (pour MAN) qui aura fait perdre des voix aux premiers d’autant que cette coalition est considérée comme un « cheval de Troie » par l’UE et le PAS. On peut remarquer des similitudes avec le premier tour des dernières présidentielles et ces réserves de voix sont à surveiller pour les prochaines échéances.

Ion Ceban, leader de MAN et actuel Maire de Chișinău depuis le 11 novembre 2019.
Ion Ceban lors du lancement de la campagne pour les législatives du 28 septembre © ionceban.md
La voie européenne toujours suivie par la majorité de la population
Par cette victoire aux législatives, la Moldavie est sur la bonne voie pour continuer son intégration européenne d’autant plus que celle-ci est candidate depuis 2022. C’est aussi le vœu d’une partie de la population qui exprime aussi cette volonté européenne. Cette élection, en cas d’une victoire des pro-russes, pouvait fortement compromettre son avenir européen. La campagne de désinformation menée par ingérence par Poutine, comme lors des dernières présidentielles, n’aura pas fonctionné.
Les réactions à l’étranger ne se sont pas faites attendre et ont été positives via tous ses alliés. On peut citer la réaction du Premier ministre polonais, surtout dans un contexte particulier ou celle du Premier ministre sortant tchèque Petr Fiala, à la veille d’élections législatives importantes pour lui. La réaction qui montre un changement de politique concernerait celle du Premier ministre de l’Azerbaïdjan, IIham Aliyev, montrant juste la distance qui se crée entre ses deux pays (vis-à-vis de la Russie). Des félicitations ont aussi émané lors des institutions européennes, y compris Ursula von der Leyen, la Présidente de la Commission européenne.
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