Un événement qui fait écho à l’attaque du Capitole il y a deux ans
Le 6 janvier 2021 est resté une date noire pour les États-Unis d’Amérique. Cela reste aujourd’hui dans l’histoire politique américaine, une attaque des partisans radicaux de Trump contre un symbole du pouvoir politique, le Capitole situé à Washington DC.
Cette attaque s’est faite dans un contexte politique américain délétère qui a pris sa source dans les présidentielles américaines de novembre 2020. Ces présidentielles se sont déroulées dans une Amérique profondément divisée, qui ont vu la victoire de Joe Biden contre le président sortant Donald Trump. Ce résultat n’a pas été accepté par Trump mais aussi sa frange la plus radicale qui ont évoqué des élections « volées ».
La Place des trois pouvoirs, symbole du pouvoir politique brésilien attaqué
Comme pour le 6 janvier 2021, le 8 janvier 2023 restera un jour noir dans l’histoire politique brésilienne. La Place des trois pouvoirs, lieu emblématique regroupant le Congrès national, le Palais présidentiel et le Tribunal suprême fédéral, a subi une invasion de la part des partisans radicaux de l’ancien président Jair Bolsonaro. Cette invasion rappelle ce qu’il s’est passé deux ans auparavant, sachant que depuis le 30 octobre 2022, des partisans de Bolsonaro campaient déjà devant le quartier général de l’armée à Brasilia.
Les présidentielles brésiliennes d’octobre 2022, à l’image des présidentielles américaines de 2020, se sont déroulées dans un contexte explosif. La victoire de Lula et son retour sur la scène politique n’ont pas forcément apaisé la situation. La frange la plus radicale des bolsonaristes n’a d’ailleurs pas accepté ces résultats et a même évoqué l’hypothèse d’élections truquées. D’ailleurs, Jair Bolsonaro n’a pas tout de suite accepté sa défaite et n’a pas assisté à la passation de pouvoir qui a eu lieu en novembre 2022.
Pour ses partisans à Lula ainsi que le Parti des travailleurs (PT), c’est un retour en force sur le devant de la politique brésilienne.

Luiz Inácio Lula da Silva © gov.br
Une condamnation unanime de la classe politique brésilienne
La condamnation est venue de toute la classe politique, que ce soit bien évidemment le PT de Lula, Union Brasil qui représente le centre-droit, mais aussi ce qu’on appelle le « centrão ». Même le PL, via son leader, a pris ses distances face à son ancien candidat Jair Bolsonaro. Une première action politique a été l’ouverture d’une CPI par la sénatrice Soraya Thronicke, qui a vu le nombre de signatures nécessaires. Cela est d’autant plus symbolique que les signatures viennent de toute la classe politique que ce soit le PT, Uniao Brasil mais aussi le centrão.

Soraya Thronicke © senado.leg.br
Une autre décision politique le même jour a été la destitution du gouverneur du District fédéral Ibaneis Rocha Barros Junior par le juge suprême Alexandre de Moraes, le 8 janvier 2023 pour une durée de 90 jours. Celui-ci est d’autant critiqué pour son inaction lors de l’invasion de la Place des trois pouvoirs, ce qui peut aussi s’expliquer par sa proximité avec l’ancien président Jair Bolsonaro.
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