
- Population : 10,41 millions d’habitants (2023)
- Capitale : Athènes
- Plus grande ville : Athènes
- Monnaie : Euro
- Langue officielle : Grec

Carte de la Grèce
La « dictature des colonels »
La « dictature des colonels » est le régime dictatorial mis en place du 21 avril 1967 au 24 juillet 1974 à la suite du coup d’État de la junte militaire. L’autre nom donné aussi est la dictature du 21 avril.
La Grèce dans l’Union européenne
La Grèce a intégré la CEE (Communauté économique européenne qui est devenue l’Union européenne en 1993). La candidature a été déposée un an après la fin du régime des colonels. Celle-ci n’a pas provoqué l’unanimité au niveau du pays où les conservateurs de Nouvelle démocratie comme Constantin Caramanlis (centre-droit, libéral-conservatisme) y voyaient une opportunité de développement économique et de stabilisation démocratique. Pour les socialistes comme Andréas Papandreou, la prudence est de mise quant au développement du pays face aux poids de certains pays de l’Ouest. Même la réticence était de mise au sein de la Commission européenne, ce sera grâce à Valéry Giscard d’Estaing avec l’appui des ministres des affaires étrangères allemands et néerlandais, que sera accepté par le conseil de l’UE. De plus, la Grèce occupe une position stratégique vis-à-vis des Balkans. Le pays va profiter des fonds structurels qui vont participer à son développement économique.
La Grèce dans l’OTAN
La Grèce a intégré l’OTAN le 18 février 1952. Cette dernière occupe une position stratégique vis-à-vis des Balkans mais aussi de la Méditerranée orientale, du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, autrement dit des régions qui revêtent d’une certaine instabilité.
Système politique grec
Le Parlement grec ou Voulí est le parlement monocaméral qui régit la vie politique grecque et se situe dans l’ancien palais royal à Athènes, la capitale. Son rôle, via le pouvoir législatif, est la proposition et le vote des lois, l’adoption du budget et le contrôle de l’exécutif. Le Parlement peut aussi réviser ou amender la constitution et élire le Président. Le nombre de députés y siégeant est au nombre de 250.

Logo du parlement grec © hellenicparliament.gr


Bâtiment du lieu de réunion (à gauche), Salle Plénière (à droite) © hellenicparliament.gr
Quel gouvernement pour la Grèce ?
Kyriákos Mitsotákis est le Premier ministre grec depuis le 26 juin 2023. Il est issu du plus grand parti de droite grecque, Nouvelle Démocratie. D’ailleurs, le parti dispose du plus grand nombre de députés au parlement (155 sur 300).

Kyriákos Mitsotákis © primeminister.gr
Quels résultats pour les législatives de 2023 ?
Les législatives du 21 mai 2023 ont été une victoire historique pour Nouvelle démocratie du Premier ministre sortant Kyriákos Mitsotákis. Néanmoins, celui-ci ne dispose pas d’une majorité absolue à quelques voix près, et faute d’un accord de gouvernement, de nouvelles élections sont prévues pour le 25 juin 2023. Comme pour les législatives de mai, Nouvelle Démocratie l’emporte largement avec une majorité absolue, là où Syriza est en baisse. Kyriákos Mitsotákis a toutes les clés en main pour continuer de gouverner, en conformité de sa stratégie électorale réussie.
Quels résultats pour les européennes de 2024 ?
Nouvelle Démocratie remporte ces élections, malgré des estimations de scores plus importantes, (28,31 %) devant Syriza (14,92 %) comme lors des dernières européennes en 2019. Néanmoins, une baisse est à signaler pour les deux formations, même si le recul est beaucoup plus fort pour ces derniers. Le Mouvement pour le changement, mené par le PASOK, voit son nombre de voix augmenter avec un gain de siège et une troisième place maintenue. Néanmoins, ces derniers, dans la veine des législatives de 2023, ne parviennent pas à être l’opposition officielle. L’extrême-droite de Solution grecque améliore son score de 2019 et montre par la même occasion une implantation de ces derniers sur la scène politique grecque. Les communistes chutent à la cinquième place tandis que trois autres partis font leurs entrées au Parlement européen.
ND perd un siège sur les huit sièges de la législature précédente tandis que Syriza en perd deux sur les six de l’ancienne législature. Le Mouvement pour le changement passe de deux à trois sièges, tout comme l’extrême droite de Solution grecque qui double son nombre de sièges (de un à deux). Le KKE garde ses deux sièges tandis que le Mouvement démocrate patriote – Victoire, Cap sur la liberté et Voix de la raison font leurs entrées au parlement pour la première fois (avec un siège chacun).
Les deux partis politiques dominants en Grèce
ND (Nouvelle démocratie)

- Fondation : 4 octobre 1974
- Positionnement : Centre-droit à droite
- Idéologie : Libéralisme-conservatisme, Pro-européen
- Groupe au parlement européen : PPE (Parti populaire européen)
Logo de Nouvelle démocratie
Fondation de Nouvelle Démocratie
Ce parti a été fondé par Konstantínos Karamanlís quelques mois après la chute de la dictature des colonels. Celui-ci voulait en faire un parti de droite plus progressiste que celui-ci avait fondé avant le coup d’État de 1967.

Konstantínos Karamanlís (1907-1998)
Quel est son poids au niveau national ?
Nouvelle Démocratie est un parti de droite et d’orientation libéral-conservatrice. La base électorale va des centristes aux conservateurs en passant par des nationalistes et post-modernistes. Ses soutiens se situent dans les zones rurales mais aussi dans les centres-villes d’Athènes et de Thessalonique, les deux plus grandes villes du pays.
Avec son rival du PASOK (centre-gauche, social-démocratie), les deux partis dominent la vie politique grecque. D’ailleurs, ces deux partis ont gouverné en alternance pendant les quatre décennies suivantes, ce qui montre le poids de ces deux partis au sein du pays.
Des personnalités venant de ce parti
Konstantínos Karamanlís fait partie de ces politiques importantes de ce parti. Plusieurs changements ont eu lieu sous sa gouvernance (plusieurs fois premiers ministres) : la fin de la monarchie avec la mise en place d’une république le 8 décembre 1974, la signature du traité d’adhésion à la CE (devenue Union européenne) malgré l’opposition du PASOK et du Parti communiste grec. Celui-ci a aussi été confronté à la question chypriote suite à l’invasion turque de l’île.
PASOK (Mouvement socialiste panhellénique)

- Fondation : 3 septembre 1974
- Positionnement : Centre-gauche (actuellement)
- Idéologie : Social-démocratie, Pro-européen (actuellement)
- Groupe au parlement européen : S&D (L’Alliance progressiste des socialistes et démocrates au Parlement européen)
Logo du PASOK © pasok.gr
Fondation du Mouvement socialiste panhellénique
Le PASOK a été fondé le 3 septembre 1974 à la suite d’un rassemblement de partis de gauche, tout cela dans le cadre du rétablissement de la démocratie après la chute de la dictature des colonels.
Quel est son poids au niveau national ?
Le PASOK (Mouvement socialiste panhellénique) est un parti situé au centre-gauche et de tendance sociale-démocrate.
Avec Nouvelle-démocratie (centre-droit à droite, libéralisme-conservatisme), ce sont les deux partis les plus importants du pays qui ont dominé, par alternance, les quatre décennies qui ont suivi la fin de la dictature des colonels. Présent sur la scène politique avec comme rival Nouvelle démocratie, le parti l’est beaucoup moins depuis la catastrophe électorale de 2012 provoquée par la politique menée par son candidat durant la législation précédente.
Des personnalités venant de ce parti
Son fondateur, Andreas Georgiou Papandreou (trois fois Premier ministre de Grèce), est un personnage qui a été important au sein du PASOK mais aussi au sein de la politique grecque, avec pour la première fois un gouvernement élu à prédominance socialiste. Plusieurs mesures importantes ont été prises durant ces deux premiers mandats de gouvernement (1981 à 1989). On peut citer la mise en place du système national de santé et du Conseil suprême de sélection du personnel (ASEP), l’amendement constitutionnel de 1985-1986 qui a renforcé le parlementarisme et réduit les pouvoirs du président élu au suffrage indirect, ne sont par exemple des mesures prises sous sa gouvernance. Celui-ci reste pour beaucoup de grecs le Premier ministre le plus important.

Andreas Georgiou Papandreou (1919-1996), fondateur et ancien homme politique important du PASOK ainsi que de la politique grecque.
SYRIZA, un parti plus récent sur la scène politique grecque

- Fondation : 22 mai 2012 (en tant que parti politique)
- Positionnement : Gauche radicale à extrême-gauche avec un repositionnement au centre-gauche – gauche dans les dernières années
- Idéologie : Socialisme-démocratique, Populisme de gauche, Progressisme, Pro-européen (anciennement eurosceptique)
- Groupe au parlement européen : le Groupe de la Gauche au Parlement européen (GUE/NGL)
Logo de Syriza
Quelle histoire politique pour Syriza ?
L’idéologie au départ de Syriza allait de la social-démocratie à la gauche radicale (marxistes-léninistes et trotskystes). Aujourd’hui, le parti se rapproche d’un centre-gauche plus classique. De même, le parti avait une rhétorique radicale de gauche marquée par un « anti-establishment » fort qui avait provoqué un certain remous en Europe à son arrivée au pouvoir en 2015. Même la position européenne fortement eurosceptique à ses débuts a été revue à la baisse. L’arrivée au pouvoir en 2015 a aussi été marquée par la volonté de mettre fin à l’austérité imposée par le gouvernement précédent mené par Antónis Samarás (dans une certaine continuité de son prédécesseur).
D’abord fondé sous la forme d’une coalition en 2004 puis enregistré en parti politique en 2012, c’est actuellement le deuxième parti au parlement grec. Le leader Alexis Tsipras a été Premier ministre grec de 2015 à 2019.

Alexis Tsipras
Aube dorée, parti néofasciste, de l’ascension à la chute

- Fondation : Reconnu le 1er novembre 1993
- Positionnement : Extrême-droite
- Idéologie : Néofascisme, Ultranationalisme grec, Opposition à l’immigration, Euroscepticisme dur
Logo de Aube dorée
Quelle histoire politique pour Aube dorée ?
Aube dorée est un parti situé à l’extrême-droite et de tendance néofasciste. Identifié aussi comme ultra-nationaliste, raciste et xénophobe, ses membres soutiennent les anciens dictateurs grecs et l’idée de la Grande Grèce (idée Megali).
Le parti a fait une entrée spectaculaire lors des élections de 2012 avec 18 députés et qui a provoqué un certain remous sur la scène politique grecque. Sa disparition de la scène politique grecque s’est faite suite à la mise en détention des dirigeants après que la cour d’Appel d’Athènes a rendu verdict pour 68 accusés, dont des membres importants, y compris le fondateur et leader Nikolaos G. Michaloliakos. Tout cela a fait suite à un meurtre contre un rappeur par un partisan d’Aube dorée le 17 septembre 2013. L’accusation a compris aussi des meurtres et faits de violences déjà connus de Aube dorée dans le passé.
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