Une victoire des sociaux-démocrates combinée à la forte progression des Démocrates de Suède lors des dernières législatives de 2022
Les sociaux-démocrates (S) de Magdalena Andersson remportent ces élections avec 30,33% et sept sièges en plus. Néanmoins, le bloc de gauche est légèrement en recul (perte de deux sièges) à la sortie de ces élections avec 173 sièges. Les gains du Parti social-démocrate (S) et du Parti du centre (C) ont atténué les pertes des alliés de la gauche radicale (Parti de gauche) et du Parti de l’environnement-Les Verts. Le bloc de droite progresse (176 sièges) et passe devant le bloc de gauche, mais grâce aux Démocrates de Suède qui engendrent une forte progression de sièges (plus onze sièges). Les Modérés, qui sont la deuxième force du pays, perdent quant à eux leur deuxième place (en faisant 19,10 %) au profit de l’extrême-droite suédoise.

Magdalena Andersson, leader des sociaux-démocrates depuis le 4 novembre 2021.
Magdalena Andersson © riksdagen.se
L’extrême droite suédoise de SD a percé fortement sur ce scrutin (trois points) avec les thèmes de l’immigration et de la sécurité. Ce n’est donc pas étonnant que les Démocrates de Suède aient ravi la première place aux Modérés (libéraux-conservateurs) pour devenir la deuxième force politique du pays. Depuis leur entrée en 2010 au Riksdag, ces derniers n’ont cessé de progresser élection par élection. Poids de leur impact au niveau du bloc de droite, la nomination du Premier ministre Ulf Kristersson s’est faite avec leurs voix, même si ces derniers apportaient leurs soutiens sans faire partie du gouvernement.

Logo des Démocrates de Suède © sd.se
Une victoire des sociaux-démocrates et du bloc de gauche
Les sociaux-démocrates (S) gagnent ces élections, comme en 2022, avec 28,0 %. Néanmoins, c’est une baisse par rapport à 2022 avec une perte de 2,3 points (30,33 % lors des législatives de 2022). Ces derniers menés par Magdalena Andersson font un succès quasi total sur tout le pays avec leur meilleur score dans le comté de Norrbotten, situé au nord avec 37,5 %. S reste le plus grand parti du pays avec ce résultat combiné à la victoire de son bloc.
Le bloc de gauche en sort vainqueur de ces élections avec 49,5 % et 176 sièges. Cela reste tout de même une majorité fragile. Par rapport à 2022, c’est une hausse de trois sièges (173 en 2022). La victoire de ces derniers n’est effective que dans neuf comtés sur les vingt-un que compte le pays avec son taux le plus fort dans le comté de Västerbotten au nord (61,0 %). Néanmoins, les résultats sont divers avec une augmentation des voix de la gauche radicale du Parti de gauche (plus 1,7 points et six sièges) et du Parti de l’environnement-Les Verts (plus un point et quatre sièges). Le Parti du centre fait un score de 7,1 % avec un gain d’un siège.

Carte électorale des législatives de 2026
Les Modérés redeviennent la deuxième force du pays au grand dam de l’extrême-droite suédoise
Les libéraux-conservateurs des Modérés du Premier ministre sortant Ulf Kristersson arrivent deuxième avec 19,8 %, ce qui reste une légère augmentation par rapport à 2022 (plus 0,7 points). Le recul opéré depuis les années 2010 (30,1 %), avec notamment une troisième place en 2022 au profit de l’extrême droite de SD, s’est inversé même si l’augmentation reste légère. Son score le plus fort a été réalisé dans le comté de Halland avec 23,3 %. Néanmoins, cela reste une défaite pour ce dernier qui voit le bloc de gauche l’emporter face au bloc de droite. De même, sa déclaration de ne pas reconnaître la victoire du bloc rouge-vert fait l’objet de débats chez ses adversaires. À l’annonce des résultats définitifs quelques jours après, le leader des Modérés a présenté sa démission de chef de gouvernement tout en mettant en garde contre la prochaine formation difficile du prochain gouvernement et nécessitera une « ouverture constructive » de la part de tous les partis.
Les libéraux-conservateurs des Modérés redeviennent la deuxième force du pays face à leurs rivaux des sociaux-démocrates mais perdent le pouvoir.
Logo du parti Les Modéres © riksdagen.se

Le bloc de droite est en léger recul par rapport à 2022 avec un score de 48,8 % et 173 sièges (perte de trois sièges). Néanmoins et contrairement au bloc de gauche, ces derniers arrivent en tête dans les douze autre comtés avec le score le plus élevé dans celui de Halland au sud avec 55,9 %. Les Démocrates de Suède sont les grands perdants de cette élection avec le plus fort recul (moins 3,1 points) et aussi leur premier échec depuis leur ascension fulgurante depuis seize ans. En plus des Modérés, les Chrétiens-démocrates (KD) réalisent un score de 6,17 % et gagnent trois sièges. La joie la plus forte s’est trouvée du côté des Libéraux (L) de la leader Simona Mohamsson. Non seulement, ces derniers améliorent leurs scores par rapport à 2022 (plus 0,7 point avec un score de 5,34 %), mais ils sortent d’une situation désespérée. Les prédictions de score allaient plutôt dans le sens de moins de 4 %.
Un signal positif pour l’Europe mais un casse-tête pour la future constitution gouvernementale
La question d’une victoire de l’extrême droite suédoise était finalement dans toutes les têtes. Cela est d’autant plus d’actualité avec la montée des populistes en Europe depuis plusieurs années. La Suède n’a pas fait exception. Une victoire de ces derniers aurait pu changer la gouvernance pro-européenne du pays, sachant que les Démocrates de Suède font partie du groupe européen eurosceptique modéré du CRE. Cette élection reste un fiasco pour le leader Jimmie Åkesson et l’ambiance n’en a pris qu’un coup lors de la veillée électorale. Ces derniers avaient axé leurs campagnes essentiellement sur la sécurité et l’immigration, mais ces thèmes sont aussi repris par les Modérés et notamment la gauche suédoise sur l’immigration (avec des positions conservatrices).

Jimmie Åkesson, leader de l’extrême-droite suédoise depuis le 7 mai 2005.
Jimmie Åkesson © riksdagen.se
La future composition sera difficile compte tenu du faible écart entre les deux blocs (50 359). Le Premier ministre sortant, Ulf Kristersson, est en mauvaise posture pour repartir pour un nouveau mandat. Au niveau du bloc de gauche victorieux, Magdalena Andersson n’aura pas non plus la tâche facile compte tenu des divergences de ses alliés. Le Parti du centre, via sa dirigeante Elisabeth Thand Ringqvist, privilégie un gouvernement de centre-droit (incluant les sociaux-démocrates et les chrétiens-démocrates) et est opposé à SD et moins clair quant à V (même si ces derniers n’y sont pas favorables non plus). Un retour au pouvoir de Ulf Kristersson serait possible si les divisions persistent pour le bloc de gauche quant à la mise en place de la future coalition. Les Démocrates de Suède ont prévenu qu’ils ne seraient soit au gouvernement soit dans l’opposition (des places dans le gouvernement avaient été promises par le chef du gouvernement en vue de ces élections), ce qui remet en cause le « cordon sanitaire ».
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