
- Population : 2,872 millions d’habitants (2023)
- Capitale : Vilnius
- Plus grande ville : Vilnius
- Monnaie : Euro
- Langue officielle : Lituanien

Carte de la Lituanie
Ex-république socialiste soviétique
La Lituanie est une ancienne république socialiste soviétique ayant obtenu son indépendance le 11 mars 1990 à la suite de la chute de l’URSS.
La Lituanie dans l’Union européenne
La Lituanie a intégré l’Union européenne le 1er mai 2004 avec neuf autres États, ce qui constitue toujours à ce jour le plus large élargissement. La candidature a été déposée en décembre 1995 et un référendum des 10 et 11 mars 2003 a conforté cette adhésion à une large majorité (à hauteur de 90%). La transition s’est faite sans difficulté, étant donné que les critères politiques (notamment sur la lutte contre la corruption), mais aussi économiques, avec la transition vers une économie de marché, se sont réalisés avec succès. L’intégration dans la zone euro s’est faite le 1er janvier 2015.
La Lituanie dans l’OTAN
La Lituanie a intégré l’OTAN en 2004 (plus large élargissement avec six autres pays). Comme pour ses voisins baltes, un des huit groupements tactiques est présent en Lituanie avec l’Allemagne comme pays encadrant. Cinq pays sont contributeurs : Belgique, Luxembourg, Norvège, Pays-Bas et la Tchéquie.
Système politique lituanien
Le Seimas est le nom donné au parlement monocaméral lituanien qui légifère la vie politique, dont le siège se situe à Vilnius, la capitale. Ce parlement, qui est composé de 141 députés avec une durée de quatre ans concernant leurs mandats, détient le pouvoir législatif via la proposition et le vote de lois, l’adoption du budget et le contrôle des activités du gouvernement et du Premier ministre. La nomination du Premier ministre fait aussi partie des prérogatives du Seimas. Le droit d’initiative législative est aussi pour le Président et le gouvernement ainsi que les citoyens lituaniens (propositions soutenues par au moins 50 000 électeurs).

Logo du Seimas © lrs.lt


Chambre I et III du Seimas (à gauche) et la nouvelle Salle des sessions (Bâtiment II) © lrs.lt
Quel gouvernement pour la Lituanie ?
Inga Ruginienė est la Première ministre depuis le 25 septembre 2025. Elle est issue du LSDP et a succédé à Rimantas Šadžius (qui était en poste par intérim suite à la démission de Gintautas Paluckas qui avait occupé le poste du 12 décembre 2024 au 4 août 2025 et succédé à Ingrida Šimonytė).

Inga Ruginienė © lrv.lt


Gitanas Nausėda est le Président de la Lituanie depuis le 12 juillet 2019. Il a été élu en 2019 puis réélu en 2024 (12 et 26 mai 2024) face à Ingrida Šimonytė sous la bannière de candidat indépendant.

Gitanas Nausėda © lrp.lt
Quels résultats pour les législatives de 2024 ?
Les sociaux-démocrates du LSDP sont les gagnants de ces élections législatives qui se tenues sur deux tours (13 et 27 octobre 2024, à la proportionnelle et au scrutin majoritaire uninominal) et battent les libéraux conservateurs de L’Union de la patrie – Chrétiens-démocrates lituaniens (TS-LKD) de la Première ministre Ingrida Šimonytė.
L’Union de la patrie – Chrétiens-démocrates lituaniens (TS-LKD) subit une défaite sévère couplée à une perte de sièges importante (moins 22 sièges). Cet échec se traduit aussi par un effet « tous sauf les conservateurs » avec la prise symbolique d’un siège à Kaunas (bastion du parti) pour les sociaux-démocrates (ce qui n’était pas arrivé depuis 1992). C’est un revers historique pour cette dernière. La démission du dirigeant Gabrielius Landsbergis s’est faite dès le lendemain du second tour. Parmi ses alliés et leurs résultats divers, les libéraux de LRLS améliorent leurs résultats.
Dans une élection marquée par la question du pouvoir d’achat et la guerre d’Ukraine au second plan, la formation populiste qui fait le résultat le plus important est l’Aube du Niémen de Remigijus Žemaitaitis avec une troisième place. Cette formation est controversée avec un antisémitisme de son président. Les deux autres formations : L’Union des Démocrates « Pour la Lituanie » et L’Union lituanienne agraire et des verts arrivent respectivement quatrième et sixième (une perte de sièges importantes pour ces derniers).
La formation d’un gouvernement suite à ces résultats n’a pas été des plus faciles. Les sociaux-démocrates ont accepté un accord de coalition incluant le DSVL ainsi que l’Aube du Niémen le 7 novembre. Néanmoins, la présence de ces derniers et compte tenu du passé antisémite de son leader ne laisse pas indifférent la classe politique lituanienne ainsi que l’étranger. La dirigeante du LSDP a renoncé au poste de Premier ministre pour diverses raisons. Gintautas Paluckas (le successeur au poste de Premier ministre) a rassuré ses partenaires de la non-présence de Žemaitaitis au sein du gouvernement. Néanmoins, ces deux derniers ont attribué les réactions internationales aux opposants politiques du pays.
Quels résultats pour les européennes de 2024 ?
Le scrutin a été gagné par les libéraux-conservateurs du TS-LKD pour la quatrième fois de suite dans une élection avec une faible participation au niveau national. Les sociaux-démocrates du LSDP arrivent deuxième et gardent le même nombre de sièges qu’en 2019 (comme le TS-LKD). Le LVŽS est troisième avec une perte de sièges tandis que les libéraux augmentent leurs présences (un siège supplémentaire pour le Parti de la liberté en plus de celui du Mouvement libéral). L’Union des Démocrates « Pour la Lituanie » fait son entrée tout comme le parti populiste du TTS.
Le TS-LKD garde ses trois sièges et les sociaux-démocrates du LSDP leurs deux sièges. Les conservateurs verts du LVŽS perdent un des deux sièges tandis que les libéraux du Mouvement libéral ainsi que les conservateurs du LLRA–KŠS gardent leurs uniques sièges. On peut noter l’entrée de trois partis au parlement avec un siège chacun : les sociaux-libéraux du Parti de la Liberté, les populistes du l’Union des démocrates « Pour la Lituanie » ainsi que la droite radicale du TTS.
Les partis politiques dominants en Lituanie
TS-LKD (Union de la patrie – Chrétiens-démocrates lituaniens)

- Fondation : 1er mai 1993
- Positionnement : Centre-droit
- Idéologie : Libéralisme-conservatisme, Démocratie-chrétienne, Pro-européen
- Groupe au parlement européen : PPE (Parti populaire européen)
Logo du TS-LKD
Fondation de l’Union de la patrie – Chrétiens-démocrates lituaniens
La fondation a été faite par l’aile droite du Mouvement réformateur de Lituanie qui était dirigée par Vytautas Landsbergis. Le Mouvement réformateur de Lituanie (fondé le 23 octobre 1988) était une ancienne organisation politique qui a été impliqué dans la lutte pour l’indépendance de la Lituanie lorsque cette dernière était une ancienne république socialiste soviétique. Plusieurs fusions ont eu lieu dont le dernier en 2008 a donné le nom actuel.

Vytautas Landsbergis, fondateur de ce parti
Quel est son poids au niveau national ?
L’Union de la patrie – Chrétiens-démocrates lituaniens est un parti lituanien de centre-droit, libéral-conservateur et démocrate-chrétien. La position actuelle ne l’est que depuis 2015 (après l’élection de Gabrielius Landsbergis à la tête du parti).
Ce parti fait partie de la vie politique lituanienne malgré des premiers temps difficiles. Pendant un certain temps, son rival a été le Parti travailliste démocratique de Lituanie (fondé sur la base de l’ancien parti communiste de Lituanie), d’où sa position anticommuniste à cette période. Avec les sociaux-démocrates, ce sont les deux partis à avoir les structures les plus solides. Plusieurs gouvernements ont été dirigés par un Premier ministre issu de ses rangs.
Le parti était fort à ses débuts dans les zones urbaines comme Panevėžys et Kaunas dans les années 90. Néanmoins, depuis les années 2010, ses deux bastions urbains le sont beaucoup moins mais les soutiens le sont beaucoup plus dans la région de Vilnius.
Des personnalités venant de ce parti
On peut aussi citer comme ancien nom de Premier ministre Andrius Kubilius (28 novembre 2008 – 13 novembre 2012) ainsi que Ingrida Šimonytė (11 décembre 2020 – 12 décembre 2024).

Andrius Kubilius
LSDP (Parti social-démocrate Lituanien)

- Fondation : 1er mai 1896
- Positionnement : Centre-gauche
- Idéologie : Social-démocratie, Pro-européen
- Groupe au parlement européen : S&D (L’ Alliance Progressiste des Socialistes et Démocrates)
Logo du Parti social-démocrate Lituanien
Fondation du Parti social-démocrate lituanien
C’est le plus ancien parti de Lituanie (fondé en 1896) qui a dû s’exiler pendant la période de l’URSS (le parti n’a été rétabli qu’en 1989). Une fusion a eu lieu en 2001 avec la Parti travailliste démocratique de Lituanie (ex-communistes) tout en gardant son nom d’origine (mais avec une majorité d’anciens membres du Parti travailliste démocratique de Lituanie).
Quel est son poids au niveau national ?
Le Parti social-démocrate Lituanien est un parti lituanien situé au centre-gauche, de tendance social-démocrate. Historiquement, des critiques ont été faites concernant son positionnement qui n’était pas réellement proche de la social-démocratie (notamment les politiques néolibérales). Son renouveau idéologique s’est fait sous la houlette de Gintautas Paluckas, avec le rapprochement vers la social-démocratie occidentale telle que l’on connaît.
Les sociaux-démocrates font partie du paysage politique lituanien et sont présents au niveau national. Plusieurs gouvernements ont été dirigés par un Premier ministre issu de ses rangs.
Des personnalités venant de ce parti
On peut citer comme ancien Premier ministre Algirdas Mykolas Brazauskas (3 juillet 2001 – 1er juin 2006). Le dernier chef de gouvernement social-démocrate est Algirdas Butkevičius sur la période du 13 novembre 2012 au 22 novembre 2016.
Algirdas Butkevičius

Des partis avec une présence plus récentes sur la scène politique lituanienne
LS (Mouvement libéral)

- Fondation : 25 février 2006
- Positionnement : Centre-droit
- Idéologie : Libéralisme, Libéralisme-conservatisme Pro-européen
- Groupe au parlement européen : Renew europe
Logo du Mouvement libéral
Quelle histoire politique pour ce parti ?
Le Mouvement libéral est un parti libéral lituanien, situé au centre-droit. Ce sont des membres dissidents du parti L’Union libérale et du centre (libéraux-conservateurs) et de la direction de Artūras Zuokas. Un grave scandale a touché le parti et Eligijus Masiulis et son dirigeant (2008 à 2016), dans lequel il aurait touché un pot de vin de 106 000 euros. Des dissensions internes ont ensuite mis en difficulté le parti. Le soutien principal se soutient plutôt dans les zones urbaines et le nom et le logo actuels datent de 2022.
LVŽS (L’Union lituanienne agraire et des verts)

- Fondation : 2001 (sous le nom d’Union des paysans et du Nouveau parti démocratique)
- Positionnement : Centre-gauche à gauche
- Idéologie : Populisme de gauche, Démocratie-chrétienne, Conservatisme social, Environnementalisme
- Groupe au parlement européen : CRE (Conservateurs et réformistes européens) depuis 2024
Logo du LVŽS
Quelle histoire politique pour ce parti ?
Fondé en 2001 sous le nom d’Union des paysans et du Nouveau parti démocratique et n’ayant son actuel que depuis 2012, c’est un parti, qui malgré son positionnement à gauche sur le domaine économique, est conservateur sur le plan social. La rhétorique populiste est également présente. Son meilleur score a été réalisé lors des législatives de 2016 à la surprise générale en finissant premier. Mais on observe une chute depuis, avec une perte continue de sièges et une sixième place lors des dernières législatives.
On pourrait aussi citer aussi le Parti du travail (qui a remporté les législatives de 2012), le Parti de la liberté qui sont des partis qui n’ont plus de représentations parlementaires. Tous ces partis, comme le précédent, ont en commun cette difficulté à s’imposer durablement sur la scène politique lituanienne, là où le TS-LKD et le LSDP sont toujours présents. La question pourrait aussi se poser pour le DSVL (quatrième) et Aube du Niémen (troisième) sur les prochaines législatures. La difficulté aussi pour les nouvelles formations réside au niveau de la notoriété de leurs candidats, ce qui explique leurs résultats au scrutin majoritaire.
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