
- Population : 10,58 millions (2023)
- Capitale : Lisbonne
- Plus grande ville : Lisbonne
- Monnaie : Euro
- Langue officielle : Portugais

Carte administrative du Portugal
Estado Novo
L’Estado Novo est le régime autoritaire, nationaliste et corporatiste qui fut mis en place sur la période du 19 mars 1933 au 25 avril 1974. C’est António de Oliveira Salazar qui en est le fondateur et ce régime perdurera après sa mort en 1970. La Révolution des Œillets orchestrée par les militaires du MFA du 25 avril 1974 a mis fin à plus de 30 ans de dictature. Cet épisode important de la vie politique portugaise a marqué aussi le processus de démocratisation du Sud de l’Europe (Espagne et Grèce).

António de Oliveira Salazar (28 avril 1889 – 27 juillet 1970) © defesa.gov.pt
Le Portugal au sein de l’Union européenne
Le Portugal a intégré l’Union européenne le 1er janvier 1986 en quittant préalablement l’AELE (l’Association européenne de libre-échange) la veille. Le Portugal en était l’un des membres fondateurs et la demande d’adhésion pour intégrer l’Europe s’est faite le 28 mars 1977 sous l’impulsion de Mário Soares, alors ministre des Affaires étrangères. Une demande avait déjà été effectuée lors de la mort de António de Oliveira Salazar mais refusée en l’absence d’un régime démocratique stable. Cette entrée dans l’Union européenne a permis au pays de se développer davantage avec un nombre de projets financés et un niveau de vie qui s’en est trouvé nettement amélioré (on peut noter notamment une augmentation du PIB par habitant).
Le Portugal au sein de l’OTAN
Au niveau militaire, le Portugal est un des membres fondateurs de l’OTAN (Organisation du traité de l’Atlantique Nord) à sa création en 1949 avec onze autres pays : Belgique, Canada, Danemark, États-Unis, France, Islande, Italie, Luxembourg, Norvège, Pays-Bas et Royaume-Uni. L’entrée du Portugal, malgré un pays sous une dictature salazariste, s’est réalisée pour la raison principale que António de Oliveira Salazar était anticommuniste, position anti-communiste qui était notamment appréciée des Américains. Dans le contexte de la guerre froide, le rôle du Portugal en Afrique et en Asie était important pour les Américains compte tenu de ses colonies (Angola, Mozambique…) et de la décolonisation encouragée par les communistes.
Système politique portugais
L’Assemblée de la République est le parlement portugais, de type monocaméral, dont le but est d’exercer le pouvoir législatif par le biais de voter les lois, le budget et de contrôler l’action du gouvernement. Ce parlement monocaméral se situe à Lisbonne au palais de São Bento. Le nombre de députés y siègeant est de 230, le tout pour une durée de 4 ans. Contrairement à la France, on est sur de la proportionnelle ce qui amène souvent à des coalitions gouvernementales.

Palais de São Bento @ parlamento.pt
Quel gouvernement pour le Portugal ?
Luís Montenegro est le Premier ministre du Portugal depuis le 2 avril 2024. Sa formation politique est le PPD/PSD. Étant donné qu’aucun des deux partis principaux n’a obtenu de majorité absolue aux dernières législatives, ce dernier se retrouve face à un gouvernement minoritaire mené par le PPD/PSD. Son gouvernement a été renversé par une motion de censure le 11 mars 2025 (à l’exception d’Initiative libérale et du CDS-PP). Ce dernier est mis en cause pour conflit d’intérêts. Les dernières élections législatives du 18 mai 2025 ont vu la victoire de la coalition PSD/CDS (menée par le PSD) devant le PS et la formation d’extrême-droite Chega. Ces derniers augmentent leur nombre de sièges.

Luís Montenegro © portugal.gov.pt
António José Martins Seguro est le Président de la République portugaise depuis le 9 mars 2026. Ce dernier est issu du PS.
Marcelo Rebelo De Sousa est un ancien Président (9 mars 2016 – 9 mars 2026). Il avait été réélu sans surprise pour un deuxième mandat lors des présidentielles de 2021, et ce dès le premier tour.
Marcelo Rebelo De Sousa © presidencia.pt

Quels résultats pour les législatives de 2024 ?
Ces élections anticipées ont eu lieu à la suite de la démission de l’ancien Premier ministre António Luís Santos da Costa à la suite d’un scandale de corruption. Ce dernier était le leader des socialistes avec une majorité absolue au parlement. C’est L’Alliance Démocratique (AD) menée par le PSD de Luís Montenegro qui est légèrement arrivée en tête devant le PS. Chega, le parti d’extrême-droite, a réalisé un score important et historique dans un pays qui en était préservé jusqu’à là, avec à la clé une troisième place.

António Luís Santos da Costa © portugal.gov.pt
Quels résultats pour les européennes de 2024 ?
C’est le Parti socialiste qui est arrivé en tête devant l’Alliance démocratique menée par le PPD/PSD ou simplement PSD. Marta Temido, la leader du PS pour ces élections, est devenue la première femme à remporter les élections au Portugal. L’extrême-droite de Chega comme les libéraux d’Initiative Liberale font leur entrée au Parlement européen.
Le PS remporte 8 sièges, L’AD 7 sièges. Chega et IL obtiennent leurs 2 premiers sièges chacun respectivement au niveau européen. Le Bloc de Gauche (BE) et la CDU (Coalition démocratique unitaire) complètent le tableau avec un siège chacun.
Quels résultats pour les présidentielles de 2025 ?
Ces présidentielles, se déroulant dans un contexte de montée de l’extrême droite et de la tempête Katrin, ont vu la victoire du socialiste modéré António José Seguro face au leader de Chega, André Ventura.
Les deux partis politiques portugais
PS (Parti Socialiste)

- Fondation : 19 avril 1973
- Positionnement : Centre-gauche
- Idéologie : Social-démocratie
- Groupe européen : S&D (L’Alliance progressiste des socialistes et démocrates au Parlement européen)
Logo du Parti socialiste © ps.pt
Fondation du Parti socialiste
Le parti a été créé le 19 avril 1973 lors d’un congrès de l’Action socialiste portugaise (ASP), en exil en Allemagne de l’Ouest à Bad Münstereifel. Parmi ces membres, on peut noter Mário Alberto Nobre Lopes Soares, Manuel Alfredo Tito de Morais et Francisco Ramos da Costa. Cet exil, dû à l’interdiction des organisations politiques dans l’Estado Novo, verra les membres majoritairement pour la création de ce parti. Avec le retour de la démocratie initié par la révolution des Œillets le 25 avril 1974, les membres reviennent au Portugal.
Quel est son poids au niveau national ?
Le parti socialiste est un parti politique portugais situé au centre-gauche et de tendance social-démocrate.
Avec le PSD, c’est l’un des deux grands partis du pays qui dominent la vie politique du pays. Le PS a remporté les élections de l’Assemblée constituante du 25 avril 1975 et les élections législatives du 25 avril 1976. Ces élections ont été importantes en étant les premières depuis la chute de l’Estado Novo tout en se déroulant à un an d’intervalle de la Révolution des Œillets.
Des personnalités venant de ce parti
On pourrait citer un nom important de la politique notamment dans le processus d’adhésion du Portugal à l’Union européenne en la personne de Mário Soares, figure emblématique du Parti socialiste et décédé le 7 janvier 2017. Celui-ci fut président de la République portugaise du 9 mars 1986 au 9 mars 1996.

Mário Soares (1924-2017)
PSD (Parti social-démocrate)

- Fondation : 6 mai 1974
- Positionnement : Centre-droit
- Idéologie : Libéralisme-conservatisme
- Groupe européen : PPE (Parti populaire européen)
Logo du Parti social-démocrate © psd.pt
Fondation du Parti social-démocrate
Le parti a été fondé le 6 mai 1974, deux semaines après la révolution des Révolution des Œillets par 3 hommes : Francisco José Pereira Pinto Balsemão, Francisco Manuel Lumbrales de Sá Carneiro et Joaquim Jorge Magalhães Mota sous le nom de Parti populaire démocratique. Le nom actuel ne sera pris que le 3 octobre 1976.
Quel est son poids au niveau national ?
Le Parti social-démocrate est un parti de centre-droit et de tendance libéral-conservateur. C’est l’un des deux grands partis avec leurs rivaux du Parti socialiste.
Son accession au pouvoir pour la première fois n’aura lieu qu’en 1980 après avoir remporté les législatives du 2 décembre 1979 en arrivant devant le Parti socialiste de Mário Soares, et tout cela sous la direction de Sá Carneiro à travers une coalition de droite : l’Alliance démocratique.
Des personnalités venant de ce parti
Francisco Manuel Lumbrales de Sá Carneiro est un personnage qui fut important au sein du PSD ainsi qu’au sein de la politique portugaise. Il sera Premier ministre du Portugal du 3 janvier au 4 décembre 1980 mais trouvera la mort dans un crash d’avion ce jour-là.

Francisco Manuel Lumbrales de Sá Carneiro (1934-1980)
Chega, reflet de la montée de l’extrême-droite au Portugal

- Fondation : 9 avril 2019
- Positionnement : Droite radicale à extrême-droite
- Idéologie : Nationalisme-conservatisme, Populisme de droite, Euroscepticisme
- Groupe au parlement européen : Patriotes pour l’Europe
Logo de Chega
Sa Fondation et son poids national pour Chega
Le parti a été fondé le 9 avril 2019 par André Claro Amaral Ventura. C’est un ancien du PSD qui a été candidat pour la mairie de Loures lors des élections locales portugaises de 2017, parti qu’il a quitté en octobre 2018 (suite à des différends avec sa direction). Ses déclarations controversées avaient déjà suscité des débats au sein du PSD. Chega est actuellement la troisième force politique du Portugal dans un pays plutôt épargné par l’extrême-droite. Les élections législatives anticipées de 2022 ont vu une progression forte de Chega, avec à la clé une troisième place. C’est aussi un bouleversement dans le paysage politique portugais dominé par le PS et le PSD. Cet ancrage va se confirmer avec les législatives du 10 mars 2024, avec un record de sièges obtenus (50).
C’est un parti nationaliste-conservateur avec une rhétorique populiste de droite notamment vis-à-vis de certains thèmes (l’immigration, l’avortement notamment). André Ventura évoque Salazar non sans une pointe de nostalgie mais c’est un sujet délicat étant donné que la dictature de Salazar est associée au sous-développement et à la pauvreté y compris au sein de la droite portugaise. Le parti n’est pas contre l’Union européenne contrairement à son groupe Patriotes pour l’Europe.
Comments are closed