Un contexte difficile pour ces élections
Outre la question de la division de l’île qui revient à chaque élection, le pays est confronté à plusieurs difficultés, dont l’inflation et la corruption au niveau politique. Ces sujets ont dominé les débats politiques. La hausse des prix a conduit à une grève générale en janvier et la corruption reste un problème pour la politique chypriote. La question de la division de l’île n’est que la dernière des priorités pour les chypriotes.
Níkos Anastasiádis est le président en exercice et la constitution empêche ce dernier de se représenter. 14 candidats sont en lice pour ces présidentielles. Celui-ci avait gagné les élections présidentielles de 2013 et 2018. Malgré un bon bilan économique, la question « chypriote » reste en suspens depuis 2017. L’affaire « des passeports dorés », qui étaient des titres de séjour temporaires ou permanents conçus pour attirer les capitaux étrangers, a entaché l’image du gouvernement.
Níkos Christodoulídis, nouveau Président élu de Chypre
Trois candidats principaux en ressortaient : Níkos Christodoulídis, Andréas D. Mavroyiánnis et Avérof Neofýtou. Ce dernier est le candidat officiel du DISY, tandis que les deux autres se présentent sous la bannière indépendante en venant de la même formation politique. Níkos Christodoulídis est le favori et est soutenu par des partis rivaux DIKO, EDEK, DIPA et KA. La formation de gauche radicale AKEL n’a pas présenté de candidat et a décidé de soutenir Andréas D. Mavroyiánnis. Ce dernier est considéré comme un centriste-libéral.
Níkos Christodoulídis a gagné le deuxième tour contre Andréas D. Mavroyiánnis avec 51,97% avec un score serré. Celui-ci était arrivé en tête lors du premier tour. La grande déception est pour le DISY qui voit son candidat officiel éliminé. C’est d’autant plus une déception pour Avérof Neofýtou qui espérait aller au deuxième tour. L’extrême-droite chypriote, ELAM, arrive en quatrième position.
Quel bilan rEUcap en tire de ces élections ?
La question quant à l’utilité de cette élection au lendemain du 12 février se pose. De ce qui en ressort, la politique chypriote ne devrait pas connaître de changements significatifs. Il faut aussi dire que la politique chypriote fait preuve d’une certaine inertie et la corruption endémique ne rassure en aucun cas la population.
Le Rassemblement démocrate (DISY, centre-droit) n’en sortira pas indemne de ces élections et s’enfonce dans une crise. Le parti, tiraillé entre le favori Christodoulídis et Andréas D. Mavroyiánnis, est allé sur la voie d’un vote libre comme l’a aussi évoqué Avérof Neofýtou. Níkos Christodoulídis ne fait plus partie de la formation du Rassemblement démocrate depuis 2023 après avoir annoncé son intention de concourir en tant qu’indépendant. Un vote pour Mavroyiánnis est considéré par un bon nombre comme le retour d’AKEL au pouvoir, tandis que le vote même pour Christodoulídis s’inscrit plutôt dans une logique d’union du DISY, même si certains le considèrent comme un traître.
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