Quel contexte pour ces élections ?
Miloš Zeman était le président en place avant ces élections. Conformément à la constitution tchèque, un troisième mandat était donc impossible. Élu en 2013 lors des présidentielles, celui-ci a été réelu lors des présidentielles de 2018. Les candidats favoris étaient au nombre de trois : Petr Pavel, Danuše Nerudová, Andrej Babiš. Contrairement aux deux autres favoris qui n’ont pas d’expérience dans la politique, Andrej Babiš a été le Président du gouvernement tchèque pendant quatre ans et a perdu son poste lors des législatives de 2021.
Des élections importantes en Europe
Cette élection s’inscrit dans un contexte d’élections européennes importantes. Petr Pavel et Danuše Nerudová sont des candidats soutenus par la coalition de centre-droit SPOLU. Le favori, Andrej Babiš, fait partie de ANO 2011 qui est considéré comme un centre populiste.
Le résultat de cette élection détermine la politique présidentielle à venir vis-à-vis de l’Union européenne et de l’OTAN, d’autant plus que cela se joue dans un contexte particulier marqué par plusieurs facteurs, dont la guerre en Ukraine. Sur ces points-là, Andrej Babiš diverge et adopte des points populistes qui ne sont pas favorables à ces organisations.
Une victoire du candidat pro-européen Petr Pavel à la Présidence tchèque
Petr Pavel a été élue le 28 janvier lors du second tour contre Andrej Babiš avec une victoire nette. Celui-ci était arrivé devant lors du premier tour avec une courte avance. La déception du premier tour a été la troisième place de Danuše Nerudová. Petr Pavel a reçu le soutien du Premier ministre Petr Fiala (leader de la coalition de centre-droit SPOLU) ainsi que des candidats dont Danuše Nerudová. L’ancien général disposait d’une base solide renforcée par les reports de voix importants. L’extrême-droite tchèque a décidé de ne pas se prononcer sur un éventuel soutien à un des deux candidats. Petr Pavel a fait son plus gros score à Prague sur le territoire national et les villes lui ont été favorables.
Cette campagne électorale a été assez particulière avec beaucoup de désinformations. Les propos d’Andrej Babiš (évoqués lors du débat du deuxième tour) contre l’OTAN ont été mal perçus par la Pologne ou les pays baltes. Celui-ci a évoqué une non-participation de la Tchéquie si l’un des pays de l’OTAN se faisait attaquer dans le cadre de la Guerre en Ukraine, ce qui est contraire à l’article 5. Ce deuxième tour a été une confrontation entre un camp pro-européen et atlantiste porté par Petr Pavel et un camp plutôt eurosceptique et étant moins favorable à l’OTAN.
Quelles conséquences pour la Tchéquie ?
La victoire de Petr Pavel au second tour (avec 58,32% des voix) a été un soulagement pour le camp pro-européen et atlantiste. Le vainqueur a reçu des félicitations de la part d’Ursula von der Leyen ainsi que de plusieurs dirigeants. La présidente pro-européenne slovaque Zuzana Čaputová s’est d’ailleurs déplacée en Tchéquie. Les relations plus difficiles, notamment ces dernières années, entre l’UE et la République tchèque devraient revenir à la normale. Petr Pavel a pris ses fonctions le 9 mars 2023.
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